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| Algérie : Polémique autour du prosélytisme chrétien en Kabylie (le 08/02/2008 à 00h20) |
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Vendredi 08 Février 2008
ALGÉRIE • Polémique autour du prosélytisme chrétien en Kabylie
Des voix s'élèvent contre les évangéliques qui séviraient en Kabylie. Pour le quotidien Liberté, celui-ci relève de l'anecdote. Au lieu de s'inquiéter d'une montée supposée du christianisme, il faudrait s'inquiéter de la montée de l'islamisme radical salafiste.
Depuis quelques semaines, une certaine presse brandit le spectre de l'évangélisation en Kabylie. Il faut dire que quelques oulémas qui se sont distingués par leur silence retentissant à propos des crimes perpétrés dans les années 1990 par les islamo-terroristes apportent généreusement de l'eau à son moulin par des communiqués qui suintent l'inquisition. A croire cette littérature servie quotidiennement sur plusieurs pages, qui nous renvoie au temps des croisades, la Kabylie est tombée sous le joug de la croix et ses habitants se bousculent aux portes des églises.
La récurrence de ce genre d'articles qui se focalisent sur la Kabylie, alors que le phénomène, si tant est qu'on puisse parler de phénomène, est visible dans d'autres régions du pays, nous amène à nous poser des questions. Pourquoi une telle insistance ? Pourquoi spécialement la Kabylie ? Pourquoi surdimensionner quelque chose qui relève de l'anecdote, voire de l'insolite ? Que cache finalement cette campagne, car c'en est une, dans le contexte actuel où surenchères et manipulations sont les repères dominants d'une scène politique polluée ?
Il ne s'agit pas de se placer sur le même niveau d'argumentation que ceux qui sont derrière cette croisade en leur rappelant simplement que c'est en Kabylie qu'il existe le plus grand nombre de mosquées du pays, souvent construites avec des cotisations des habitants et que dans chaque hameau s'élève un minaret. C'est dire à ceux qui crient à l'apostasie que l'islam de tolérance, d'amour, de solidarité, de générosité – celui de nos ancêtres –, se porte bien en Kabylie.
Plutôt que de jeter l'opprobre sur une partie de l'Algérie qui a sa façon de vivre sa religion, les oulémas en question et leurs trompettes médiatiques seraient mieux inspirés de s'interroger sur les raisons profondes qui ont poussé des individus à chercher d'autres alternatives spirituelles.
La crise identitaire provoquée à la fois par des années de violence commises au nom de l'islam, qui ont ébranlé bien des convictions, une mondialisation qui est l'antithèse même des appartenances culturelles et religieuses et une misère sociale sont au cœur de la problématique. C'est d'un débat sur ces thèmes que le pays a besoin, et certainement pas que l'on monte en épingle des faits de société marginaux. A moins que l'on cherche encore à créer un abcès de fixation en Kabylie.
N. Sebti – Source : www.courrierinternational.com - 7 févr. 2008
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| Pour un monde sans jugement (le 27/01/2008 à 19h46) |
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Dimanche 27 Janvier 2008
POUR UN MONDE SANS JUGEMENT
Nous avons tous déjà entendu parler des atrocités des deux dernières guerres mondiales. Actuellement, le conflit au Kosovo nous montre une fois encore les horreurs que peut produire le cœur de l’homme. En réalité, l’histoire de l’humanité est une longue suite d’atrocités commises par des hommes contre des hommes. L’homme moderne est fatigué de ce carnage et refuse de tolérer la violence. Voilà qui est bien !
Tolérance zéro !
En Occident, nous assistons actuellement à la mise en place d’un système organisé luttant contre toute forme de violence. Bien entendu, comme c’est souvent le cas chez l’homme, il est difficile de faire la part des choses entre ce qui est violent et ce qui est disciplinaire. On a tellement peur d’être violent, qu’on ne veut même plus punir les violents par crainte d’être violent à notre tour… Curieux problème, n’est-ce pas ? Nous condamnons tous la violence, et en même temps, nous condamnons le jugement qui devrait être appliqué contre les gens violents. Sous prétexte que la sévérité du jugement ne réglera pas le problème de la violence sur le plan social, on laisse tout le monde tranquille, en espérant le meilleur pour l’avenir.
Rendre compte
Toute référence à un jugement fait craindre le pire à l’homme d’aujourd’hui. La notion de rendre des comptes a disparu. Même dans les écoles, les enfants peuvent être délinquants presque sans conséquence. Le droit d’exprimer sa folie prévaut sur le respect qui est dû à autrui. Nous éduquons nos enfants à ne rendre de compte à personne. Il n’est pas étonnant que parvenus à l’âge adulte, ils soient si dramatiquement atteints par la paresse et l’inertie.
Le pacifisme
Étant très habile dans l’art de définir les choses, nous appelons cela être pacifique, ou l’art de rechercher la paix à tout prix. Mais en réalité, notre pacifisme moderne est devenu une cachette idéale pour qui ne veut plus rendre de compte. Parler de conséquences et de jugement est devenu un opprobre car notre société a capitulé face à ses responsabilités. Et la situation ne peut qu’empirer car les prophètes du pacifisme ne tolèrent plus que l’on puisse penser autrement qu’eux.
Et le jugement de Dieu ?
Vous savez, il existe au Canada des mouvements qui prônent que la diffusion de la Bible devrait être interdite à cause de son contenu violent, semble-il ! Ceux qui condamnent ainsi la Bible démontrent qu’ils n’ont jamais compris son message qui, loin d’encourager la violence, offre plutôt la rédemption à tous les hommes. Ce qui est souvent rejeté du Nouveau Testament, c’est l’annonce d’un jugement divin, lors de ce grand jour où tous les hommes auront à rendre compte pour eux-mêmes.
Qui y a-t-il de choquant là-dedans ?
La vie se charge de nous montrer qu’il est normal de rendre des comptes ? Que les humanistes soient d’accord ou non, c’est un principe incontournable. Toute notre vie nous devons rendre des comptes : à nos parents, à nos patrons, à nos conjoints, à nos gouvernements, etc. Et si Dieu existe, pourquoi serait-il choquant que nous ayons des comptes à lui rendre ?
Or, il existe !
Réal Gaudreault, pasteur de l’Assemblée Chrétienne La Bible Parle – Saguenay
www.bible-ouverte.ch
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| Influence kantienne et refus de Dieu (le 20/01/2008 à 04h12) |
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Dimanche 20 Janvier 2008
D'une influence kantienne sur la formation de nos élites au rejet de Dieu par la politique
Blog de Patrice de Plunkett
Posteur: jean d | 2 mai 2007 à 16:53 |
NDLR : Patrice de Plunkett est un journaliste catholique, mais cette analyse est très intéressante même pour l'électeur évangélique. Peut-être exagère-t-il en croyant que la pensée de Kant a formé les politiques à qui il ferait ainsi trop d'honneur (par exemple, quand on voit Royal qui, s'empêtrant dans sa diatribe anticatholique, place la formation de la pensée chrétienne après celle de l'islam, on peut s'interroger sur la formation reçue).
Kant, comme d'autres philosophes qui, constatant leur impuissance à comprendre ce qui transcende l'intelligence, s'étaient tournés vers l'agnosticisme, avait "remplacé la métaphysique par la foi". Apparemment, cela va de soi et ressemble à la foi chrétienne, sauf quand on distingue cette foi incertaine de celle du croyant ancré en Dieu. Dès lors, la foi perd une dimension objective (connaissance) pour ne plus rester que subjective (relative).
Ainsi que le fait remarquer Patrice de Plunkett, certains politiques ne voient alors pas pourquoi le "subjectif" devrait intervenir sur la place publique. A noter, toutefois, l'idée de Sarkozy de laisser les religieux donner leur avis.
Ségo cite l'Evangile, Sarko chante le passé chrétien. So what ?
Ces postures de candidats ne changent rien au fond du problème :
« Aimons-nous les uns les autres », a crié Ségolène Royal hier à Charléty : allusion subliminale à l’évangile, clin d’œil aux chrétiens. De son côté, Nicolas Sarkozy a fait plusieurs clins d’œil aux catholiques patrimoniaux, avec ses évocations de hauts lieux du passé. Ce sont des « bonnes manières » de candidats à des segments d’électorat. Elles n’engagent à rien. On sait ce que valent les postures d’avant-scrutin.
La foi chrétienne est autre chose qu’une bribe de citation sortie de son contexte, ou qu’un discours muséographique : elle est une rencontre personnelle de chacun avec Jésus-Christ. Et elle est une pensée structurée, une immense réflexion, née de cette rencontre. Voici ce que Claude Tresmontant disait* de cette pensée et de son rapport avec le politique… et avec le personnel politique :
<< 1. Le christianisme est une doctrine, parmi d’autres, qui recouvrent aujourd’hui la planète : le bouddhisme, le brahmanisme, le taoïsme, le judaïsme, l’islam, etc.
2. Cette doctrine a un contenu, un contenu intelligible, un contenu d’information, comme toutes les autres doctrines. Une doctrine est un ensemble qui contient de l’information, sous forme d’éléments.
3. Cette doctrine pourrait s’enseigner, tout comme on enseigne les mathématiques, la physique, la chimie, la biochimie, la biologie fondamentale ou toute autre science.
4. A défaut de trouver un endroit où on l’enseigne correctement, c’est-à-dire scientifiquement, on peut l’étudier tout seul. Il suffit d’étudier les livres qui contiennent toute l’information qui s’est développée depuis près de quarante siècles :
- la sainte Bibliothèque hébraïque, gardée précieusement et soigneusement par nos frères hébreux ;
- la bibliothèque de la Nouvelle Alliance (latin Novum testamentum, décalque français Nouveau Testament) ;
- une bonne histoire des conciles, avec les actes des conciles et les décisions dogmatiques des papes de Rome.
5. Il n’est pas question d’entrer ici dans un exposé de ce qu’est la doctrine chrétienne. Il y faudrait des heures ou un gros volume.
CE QUE LE CHRISTIANISME EST ESSENTIELLEMENT
6. Il faut cependant rappeler ici, pour que la suite de l’analyse soit compréhensible, que le christianisme est essentiellement une théorie de la Création et de la divinisation.
Le christianisme est une théorie selon laquelle l’Univers physique est une création, commencée, continuée et inachevée. La création de l’Homme est en cours.
Le but ou la finalité ultime de la Création, c’est l’union de l’Homme nouveau créé, à Dieu unique et incréé, sans mélange, sans confusion, sans séparation. Dans cette union, l’Homme nouveau créé garde son intelligence propre, sa conscience propre, ses opérations propres, sa liberté, sa volonté, son action, son autonomie...
7. À partir de là, si on fait l’analyse logique, on voit que le christianisme comporte évidemment des implications et des exigences dans l’ordre politique. N’importe quoi, en politique, n’est pas compatible avec le christianisme. De même que le christianisme n’est pas compatible avec n’importe quoi en métaphysique…
8. Tout d’abord on voit immédiatement que l’ordre de la politique n’est pas ultime, final. Il n’est pas au sommet ni au terme de la Création. Ce qui est ultime, terminal et final, c’est l’union de l’Homme nouveau créé, à Dieu unique et incréé. Tout le reste est provisoire. La politique appartient à l’ordre ou au domaine du provisoire dans l’histoire de la Création. Du provisoire et de l’éphémère, puisque notre système solaire, notre galaxie, notre Univers, sont provisoires et éphémères.
9. Corollaire : toute politique, de droite ou de gauche, qui s’imagine qu’elle a atteint ou qu’elle parvient au terme, au sommet, au but ultime de la condition humaine, qu’elle réalise la finalité de l’Homme, est par la même essentiellement et fondamentalement antichrétienne, ou païenne.
10. Toute politique, de droite ou de gauche, qui s’imagine qu’elle va procurer, qu’elle est en mesure de procurer le bonheur à l’Homme, outre sa naïveté, est fondamentalement antichrétienne.
11. Toute politique, de droite ou de gauche, qui empêche la Création de se faire, de se continuer ; qui détruit la Création dans les êtres créés ; ou qui empêche la réalisation de l’unique finalité de la Création, à savoir l’union sans confusion et sans mélange de l’Homme nouveau créé à Dieu unique et incréé, est foncièrement antichrétienne.
LA FOI ET LA RAISON
12. Le malentendu principal qui pèse sur cette affaire des rapports entre christianisme et politique, provient d’un autre malentendu antérieur, qui porte sur les rapports entre la foi et la raison. Nous sommes en pleine confusion.
L’Eglise qui a son centre d’autorégulation à Rome depuis les années 30 de notre ère, a toujours pensé et elle pense que la foi est une certitude objective de l’intelligence dans la vérité, un assentiment de l’intelligence à la vérité discernée.
Sous des influences diverses, on entend aujourd’hui en France par le mot foi une conviction subjective, qui n’est pas une connaissance, qui n’est pas une certitude objective de l’intelligence. La foi, dans le langage français d’aujourd’hui, est dissociée de la raison, elle est dissociée de la certitude. Elle est opposée à la raison et opposée à la certitude.
Le verbe français croire a subi les mêmes vicissitudes. Dans le langage de l’Eglise de Rome, depuis, bientôt vingt siècles, le verbe credere qui traduit le grec pisteuein, qui traduit l’hébreu heemin, signifie : être certain de la vérité. L’hébreu émounah, traduction grecque pistis, traduction latine fides, signifie la certitude objective de la vérité.
Dans le langage français d’aujourd’hui, le verbe croire désigne ou signifie un assentiment faible, mou, incertain… On oppose même en français aujourd’hui le fait de croire et la certitude, le fait de croire et le savoir.
13. À partir de ce malentendu fondamental, tout le système – en l’occurrence la théologie – est comme une machine dont on aurait dévissé les boulons.
Selon l’Eglise de Rome, depuis bientôt vingt siècles, l’existence de Dieu n’est pas du tout une question de foi, ni de croyance, au sens français du terme. C’est une question de connaissance certaine par la raison humaine, une question qui relève de la compétence de la raison humaine, certo cognosci posse (concile du Vatican I, 1870).
D’ailleurs il n’y a aucun sens à faire porter la foi ou la croyance au sens français actuel du terme sur l’existence d’un être. On peut être certain de l’existence d’un être. On peut douter de l’existence d’un être. Mais entre la certitude et le doute, il n’y a pas la place pour un troisième terme qui serait la foi ou la croyance au sens moderne du terme.
14. Selon l’Eglise de Rome, depuis bientôt vingt siècles, la théologie est une science, au sens fort de ce terme, c’est-à-dire une connaissance certaine, par l’intelligence, fondée sur des faits objectifs et certains.
L’existence de Dieu est connue d’une manière certaine par l’intelligence humaine qui raisonne sur l’Univers et son histoire, la Nature et son histoire, l’Homme et son histoire. Ce n’est donc pas une hypothèse.
Le fait de la Révélation est connu par la raison, par l’analyse rationnelle, à partir de ce fait incontesté et incontestable qu’est le peuple hébreu, que nous connaissons depuis à peu près quarante siècles. La Révélation n’est donc pas non plus une thèse ou un postulat.
Le fait que constitue l’union sans mélange, sans confusion, de l’Homme nouveau créé à Dieu unique et incréé, a été une donnée de l’expérience (Jésus-Christ), qui a été constatée, vérifiée, analysée, et notée. L’Eglise est fondée sur ce fait, qui relève de la compétence de l’analyse scientifique. Il n’existe donc pas d’un côté le Jésus de l’histoire, et de l’autre côté le Christ de la foi. Ce que l’Eglise de Rome appelle la foi, c’est l’intelligence du contenu ontologique de celui en qui, par qui, avec qui se réalise l’union sans mélange et sans confusion de l’Homme nouveau créé, à Dieu unique incréé.
LA RELIGION ET LA CLASSE POLITIQUE
15. Immanuel Kant écrivait … : « J’ai été contraint d’abolir le connaître afin de faire une place pour le croire. »* C’est la destruction intégrale de la conception biblique, hébraïque, et de la conception que se fait l’Eglise de Rome. La dissociation entre le connaître et le croire … est la destruction de la théologie. Bientôt, avec les successeurs de Kant, Nietzsche et Heidegger, ce sera la destruction du monothéisme hébreu. C’est d’ailleurs ce qui était voulu au départ.
17. Nos hommes politiques, pour la plupart, depuis plusieurs générations, ont été formés dans la matrice kantienne …. Il est donc évident à leurs yeux que la foi est une conception subjective, mais non une connaissance certaine objective ; que la foi et la raison, la foi et la connaissance, sont des choses différentes ; que la foi est personnelle mais ne peut pas être communiquée ; et qu’en conséquence la foi doit rester dans le domaine privé et ne doit jouer aucun rôle en politique.
18. Du point de vue des hommes politiques qui professent l’athéisme, c’est parfait… L’homme politique athée laisse volontiers à son collègue « religieux », comme il dit, ses croyances plus ou moins irrationnelles, à la condition qu’il ne les fasse pas intervenir dans le domaine politique.
19. Les choses en sont venues à un tel point que même l’analyse philosophique du problème est interdite de séjour en France… Il est entendu désormais que la question de l’existence de Dieu, comme toute question métaphysique, est dépourvue de toute signification. Et donc, ceux qui « croient », comme on dit, en l’existence de Dieu, sont en fait en dehors de la pensée rationnelle… On a remplacé l’analyse philosophique, rationnelle, des problèmes, par la « sensibilité » ou les « options », comme ils disent.
20. Nos hommes politiques qui par ailleurs professent le monothéisme, à titre privé bien entendu, sous l’une de ses formes : judaïsme, christianisme sous sa forme catholique ou protestante, etc – s’appliquent à construire un mur de séparation étanche et opaque entre leurs convictions subjectives – qu’ils appellent « la foi », au sens kantien du terme –, et leurs occupations objectives, la politique. Il n’y a pas de communication entre les deux ordres, et il ne doit pas y en avoir… On fait donc comme si l’ordre naturel, l’ordre politique, était bouclé sur lui-même, fermé et suffisant. Et on fait de la politique exactement comme les collègues qui professent l’athéisme. Ceux-ci sont donc très satisfaits… On n’a pas voulu faire l’analyse du problème de fond, et on en vient en fait à adopter le point de vue de ceux qui pensent que l’Univers se suffit, qu’il est incréé, et qu’il n’a pas de finalité. D’un système de double comptabilité, on est passé subrepticement au point de vue de l’athéisme.
22. Nos hommes politiques se promènent en tenant à la main chacun un bouquet de « valeurs », comme ils disent. Mais demandez-leur sur quoi reposent ces valeurs, sur quoi elles sont fondées, en quoi elles sont fondées… Nous rencontrons ici un nouveau malentendu, lié aux précédents.
L’Eglise a toujours pensé qu’il existe une normative objective, qui est fondée dans l’être, dans la réalité objective. La distinction entre ce qui est bon pour l’homme et ce qui est mauvais pour l’homme est une distinction objective, fondée sur l’expérience, et qui relève de la compétence de l’analyse rationnelle…
A la suite de Kant, il est entendu qu’il n’y a pas de fondement objectif expérimental de la normative. L’Impératif catégorique est un a priori de la raison pure pratique. Il n’est pas fondé, il ne doit pas être fondé dans l’expérience. Le point de vue de Kant est donc très exactement, comme pour la théorie de la raison, aux antipodes du point de vue de la théologie catholique. A la suite de Kant, des philosophe comme Nietzsche ont estimé qu’on pouvait aller Jenseits von Gut und Böse, par delà bon et mauvais…
Nos hommes politiques ne voient pas comment on pourrait fonder dans l’être la normative. Ce qu’ils appellent « la morale » est donc à leurs yeux une question qui relève des options subjectives, et de la sensibilité politique. >> __
(*) Le Bon et le Mauvais - Christianisme et politique (F.X. de Guibert, 1996).
(**) préface à la seconde édition de la Critique de la raison pure, Königsberg 1787.
Blog de Patrice de Plunkett
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| "Où était Dieu à ce moment-là ?" (le 13/01/2008 à 01h26) |
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Dimanche 13 Janvier 2008
"Où était Dieu à ce moment-là ?"
L’article suivant est librement adapté d’un texte de Greg Koukl, sur le site Stand to Reason : What Should God Do?
Lorsque surviennent des événements tragiques, certaines personnes demandent aux chrétiens : “Où était Dieu à ce moment là ?”.
“Qu’auriez-vous attendu de Lui au juste ?” peut-on répondre. “Si vous aviez été à sa place, qu’auriez-vous fait ? Si vous aviez pu utiliser ses ’super-pouvoirs’, auriez-vous condamné les méchants ou auriez-vous plutôt empêché le malheur d’arriver ?”
Quelle que soit la réponse apportée à ces questions, il est possible de poursuivre la réflexion ainsi…
L’une des raisons qui poussent Dieu à ne pas détruire le mal immédiatement est que cette alternative serait pire que le mal. On le démontre facilement en posant cette simple question : Si Dieu entend votre prière et décide d’éliminer le mal et de détruire tous les méchants à minuit ce soir, où serez-vous à minuit une ?
C’est une réalité embarrassante que de constater que les actes mauvais ne peuvent être dissociés de ceux qui les commettent. Chacun est coupable d’en avoir commis, et chacun en est conscient.
Voilà le problème. Toute décision de justice que Dieu prendrait aujourd’hui nous condamnerait tous, car quand Dieu élimine le mal, il le fait complètement. C. S. Lewis fit l’observation suivante :
“Je me demande si les gens qui pressent Dieu d’intervenir directement et ouvertement dans notre monde réalisent ce à quoi ressemblera son intervention quand elle aura effectivement lieu. Quand l’acteur montera en scène la pièce se terminera.”
Non, Dieu n’a pas encore banni le mal de son royaume. La Bible décrit un temps où il essuiera toute larme et où il rétablira tout ce que le mal a tordu dans ce monde. Les hommes ne subiront plus les ravages de la méchanceté et ne seront plus les victimes d’un mal incontrôlable. Personne ne posera plus jamais la question : “Où était Dieu à ce moment là ?”
En attendant, Dieu a choisi une autre stratégie, il a un meilleur plan.
Un plan qui prévoit de s’occuper du mal en temps voulu, mais qui laisse actuellement place … à la grâce.
Source : http://cms.unpoissondansle.net/?p=631
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| 2008 sera l'année de la Chine (le 07/01/2008 à 05h43) |
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Lundi 07 Janvier 2008
2008 sera l'année de la Chine
04/01/2008 | Mise à jour : 20:29 | www.lefigaro.fr
La chronique d'Alexandre Adler du 5 janvier 2008.
Cette année 2008 s'ouvre sur bien des incertitudes, des élections présidentielles américaines à l'évolution du Moyen-Orient, mais heureusement il existe aussi des certitudes que nous offre le calendrier institutionnel : avec les Jeux olympiques de Pékin, cet été, nous sommes au moins certains que la Chine occupera pendant de longs mois le centre politique et symbolique de la scène mondiale.
Malgré cette assurance, nous ne pouvons qu'être frappés par le haut degré d'incertitude que nous présente aujourd'hui la Chine dans toutes ses dimensions. Pourtant, les dernières années écoulées ont été marquées par une marche en avant presque inexorable. Succès économique : la plus forte croissance de l'histoire (sans doute 11% encore en 2007), sur dix ans d'accroissement moyen de 10%, un doublement (100%) du PIB. Succès social : un tiers de la population qui se situait au-dessous du seuil de pauvreté rejoint peu à peu le premier tiers relativement prospère ; c'est donc 800 millions de Chinois qui aujourd'hui connaissent un enrichissement personnel sans précédent. Succès entrepreneurial, avec l'émergence de grandes sociétés, tels Lenovo dans l'informatique ou encore la Cnooc dans le domaine de la prospection pétrolière, lesquelles, avec l'aide des fonds souverains de l'État chinois, vont commencer à faire le marché d'entreprises petites et moyennes en Amérique ou en Europe.
Succès politique : pendant la progressive transformation de la vie intérieure du Parti communiste chinois sous Deng Xiaoping, la bataille politique faisait rage dans les organes dirigeants. De temps en temps, un dignitaire d'importance était éliminé et, dans une génération qui avait connu la révolution puis la Révolution culturelle, les préoccupations idéologiques étaient encore fortes et le débat sur l'avenir de la société chinoise, planification ou économie de marché par exemple, demeurait très intense. Avec la nouvelle génération, ce débat est enfin clos : tous adhèrent au modèle d'économie sociale de marché tiré par les exportations, en raison même de sa réussite apparemment totale. Selon le mot du comte de Saint-Simon qui plaisait tant à Marx, «le gouvernement des hommes» a très sérieusement donné la place à «l'administration de choses», les rivalités de personnes se réduisant peu à peu à des conflits d'ego, solubles dans le management quotidien.
Par son profil à la fois modeste et austère qui fait équilibre avec la prospérité parfois insolente des grandes villes, Hu Jintao a su ainsi pacifier entièrement la direction du parti et maintenir une place importante à son principal rival, Zeng Qinghong, ou encore confier des fonctions régionales importantes à des compétiteurs possibles comme Bo Xilai, devenu coordinateur de toute la Mandchourie.
Succès géopolitique enfin, quand la totalité des chefs d'État africains est venue sans état d'âme à Pékin pour baiser l'anneau impérial, comme autant de nouveaux tributaires du grand Empire chinois. Même triomphe en Russie, où Pékin a tranquillement racheté tout ce qui produit et même pense (les laboratoires de recherches d'Akademgorodok à Novossibirsk), au moins à l'est de l'Oural, faisant peu à peu de la Sibérie et bientôt de l'Asie centrale un protectorat économique. Pourtant, cette incroyable embellie connaît ses premières secousses, peut-être annonciatrices d'une crise profonde.
D'abord, l'inflation. Celle-ci a les mêmes causes qu'ailleurs, c'est-à-dire le choc pétrolier. La Chine, qui consomme à peu près le triple de notre énergie pour obtenir un point de croissance, ressent particulièrement la nouvelle donne pétrolière, ce qui l'éloigne de facto de toute alliance islamiste. Mais il y a aussi les effets pervers d'une politique mercantiliste qui a permis tout d'abord la formidable expansion actuelle : la Chine, en achetant massivement des bons du Trésor américain, est parvenue à enrayer ainsi la hausse inévitable de sa monnaie, afin de continuer à stimuler, un peu artificiellement, ses exportations en zone dollar et en zone euro. L'importation de tous ces dollars diffuse une masse monétaire découplée de toute production et pousse ainsi à une inflation qui est comme la revanche sur le cours artificiel de la monnaie nationale. Enfin, inflation et hyper-croissance commencent aussi à provoquer une hausse des prix et des salaires qui finit par se ressentir à l'échelle mondiale. Shanghaï est d'ores et déjà la ville la plus chère du monde devant New York, Londres et Moscou.
Aucune de ces menaces n'est mortelle. Mais le modèle chinois doit changer rapidement : une plus forte croissance intérieure, notamment par le développement des infrastructures au centre du pays, une autre politique énergétique, pas seulement par une diversification de l'offre (programme nucléaire) mais aussi par une diminution de la demande sous l'effet d'un choc de productivité. Aucune de ces manœuvres n'a échappé à Hu Jintao, mais celles-ci impliquent aussi une bataille politique difficile contre les grandes villes et au profit des régions de l'intérieur et contre les grands lobbys de l'industrie nationale. Hu Jintao aurait-il besoin, tout comme l'eut en son temps Gorbatchev, d'une démocratisation véritable pour parvenir au bout de cette restructuration ?
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| L'Esprit de l'Apocalypse salue l'année 2008 (le 07/01/2008 à 05h36) |
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Lundi 07 Janvier 2008
L’“esprit de l’apocalypse” salue l’année 2008
2 janvier 2008 — On constate l’élargissement de ce qu’on pourrait nommer, si l’on ne craignait l’attaque de la dérision facile ou de la suspicion de la raison courante et classique (on en verra plus loin là-dessus), “l’esprit de l’apocalypse”. (On peut en voir quelques exemples, dans la presse dite générale, ou “officielle”, comme dans les milieux qui le sont également.) Notre propos n’est évidemment pas ici d’explorer les voies de l’imprécation ou de la vision, – sans condamner par principe ni imprécation ni vision, – mais plutôt de poser à la raison cette question fondamentale: comment penser un temps que nombres de faits, de signes et d’analyses tendent de plus à présenter et à faire concevoir comme “apocalyptique”?
(Nous avons déjà mentionné à deux reprises la définition de l’“apocalypse”, telle que nous la rappelle René Girard. Il apparaît aussitôt que les prévisions, plus que les prédictions désormais, qu’on peut faire à ce propos rencontrent évidemment cette définition. Il s’agit de cette phrase, extraite de la préface du livre Achever Clausewitz :
«La violence est aujourd’hui déchaînée au niveau de la planète entière, provoquant ce que les textes apocalyptiques annonçaient: une confusion entre les désastres causés par la nature et les désastres causés par les hommes, la confusion du naturel et de l’artificiel...»)
Nous avons déjà abordé ce problème d’être confrontés à cette question, en tant que commentateurs indépendants qui affirment assumer cette responsabilité, notamment avec les charges et les devoirs qui lui sont liés. Nous rappelons un passage du texte publié le 13 mars 2007, sur “notre devoir d’apocalypse”…
«Lorsque nous nous retournons sur les trente et quarante dernières années et mesurons le bouleversement formidable qui a transformé le métier de l'information, le métier de commentateur et d'observateur de la marche du monde, alors nous sommes assurés de dire une vérité en parlant d'“indépendance” et de “responsabilité”. Notre métier a acquis des bottes de sept lieues. L'indépendant, sans moyens, sans prestige, est devenu un géant de l'information, — et, s'il le mérite, il est écouté et consulté comme tel. Cela est bien, puisque le monde officiel, nos élites, a abdiqué toute prétention à la dignité et à l'indépendance du jugement. C'est à lui, à cet indépendant chargé d'observer l'état du monde et d'en faire rapport, à tenir ferme le rôle que nos élites, du ministre à l'intellectuel officiel, de l'expert à l'artiste consacré, refusent désormais de tenir.
»Ce rôle n'est pas simple. Il s'agit du mélange d'une fonction de sentinelle, d'un double regard qui sépare l'apparence de la substance, d'une psychologie qui doit tenir bon malgré l'impossible espérance que nous ménagent les perspectives du monde, malgré la menace qui existe contre l'équilibre de l'esprit. Il s'agit de mesurer la tragédie du monde. Nous ne pouvons tenir, nous autres indépendants, qu'en acceptant l'inspiration. Nous devons être nécessairement inspirés, ou bien nous ne servons à rien et tout ce gigantesque outil, et ce nécessaire remplacement des élites démissionnaires, n'auront pas de raison d'être. C'est une tâche ardue.
»Nous voulons parler, bien entendu, des crises gigantesques qui nous pressent, qui n'ont plus rien à voir, désormais, avec les classifications anciennes, les guerres, les révolutions, les conquêtes. Nous sommes entrés dans le domaine de l'inconnu paroxystique, que l'on parle de “la crise de l'énergie” ou de “la crise climatique”, dans ce domaine où les événements catastrophiques ont nécessairement une résonance d'apocalypse. Rien ne nous y préparait. Au contraire, la vanité et la lâcheté de l'esprit humain n'ont cessé de faire miroiter à nos esprits et à nos mémoires, par une voie ou par une autre, par de multiples voix charmeuses comme autant de sirènes acharnées à tromper et à enchaîner leur Ulysse, les lendemains qui chantent et le Progrès globalisant du monde. Rien de cela ne s'est produit. Si certains le savent, aucune voix ne s'élève, qui puisse marquer l'époque par sa lucidité, pour dénoncer la tromperie à laquelle il est demandé une complète soumission, aucune voix qui puisse dépasser son destin individuel pour oser embrasser le destin collectif qui nous menace.
« Le défi le plus grand dans cette situation se définit par l'audace de la pensée qu'il nous faut, le saut du jugement dans l'inconnu de situations gigantesques que seuls quelques rares esprits, des indépendants certes, sont capables d'embrasser. Il est difficile de faire preuve d'audace, c'est-à-dire d'alacrité et d'allant, pour juger d'une situation qui ne semble laisser aucun espoir. Il est difficile de continuer à espérer en étant, d'une certaine façon, sans espoir. Il faut, à la fois, une rage qui vous remue le corps et une inspiration évidente qui vous entraîne et vous élève l'âme. A ce compte, et à ce compte seulement, le gladiateur se trouve prêt au combat.»
Ce texte a, en raison du contexte, des consonances particulières en appuyant sur l’apport de l’inspiration. Il faut ajouter la nécessité de conserver mais en l'adaptant dans la mesures des événements exceptionnels que nous devons décrire et de l’apport de l’inspiration qui est une nécessité fondamentale, l’instrument de la raison pour permettre un jugement ordonné. Plus que jamais, la raison s’impose comme un outil de cohérence du jugement et du propos mais nullement une fin en soi. Dans ces temps où l'objet de l'observation de la raison se modifie aussi radicalement vers des événements “apocalyptiques”, l'outil de la raison doit s’adapter à cette modification.
L’“esprit de l’apocalypse” et «un tout autre type de rationalité»
Le même René Girard, dans la même préface déjà citée, observe également:
«Je suis convaincu que nous sommes entrés dans une période où l’anthropologie va devenir un outil plus pertinent que les sciences politiques. Nous allons devoir changer radicalement notre interprétation des événements, cesser de penser en hommes des Lumières, envisager enfin la radicalité de la violence, et avec elle constituer un tout autre type de rationalité. Les événements l’exigent.»
Ce que Girard suggère, c’est un changement de notre psychologie pour aborder la puissance des événements qui nous pressent, et les apprécier avec un autre “esprit” que celui auquel nous sommes accoutumés. Nous dirions que cela va de soi, a contrario finalement, – par le constat que la psychologie actuelle, telle qu’elle est contrainte par les normes imposées par la civilisation en cours, est totalement incapable de supporter le choc des événements qui s’amassent, sinon par aveuglement volontaire quoique inconscient ou menacée par la folie, – le premier menant au second sur le terme.
Parlons de cet “aveuglement volontaire quoique inconscient”. Le constat que nous faisons est que la fatalité de la modernité, notamment avec l’aide des formidables moyens technologiques qu’elle a dégagés, notamment dans le domaine de la communication, a entraîné et continue d'entraîner comme mesure d’urgence de sauvegarde d’elle-même (de la modernité) une déformation de la rationalité courante. Nous sommes passés d’une déformation transformationnelle notamment fournie par les références utopiques, à une déformation substantielle, avec ce que nous désignons comme le virtualisme, que nous pourrions désigner comme le “stade ultime de l’utopie”. (Nous parlons bien d’une psychologie déformée, et non d’une propagande assumée. Les “virtualistes” sont aussi les premiers à être “virtualisés” ; ils croient à l’univers en faux-semblant qu’ils créent, au contraire des propagandistes qui ne font que travailler sur des moyens de transformer la perception des autres sans prendre position sur la chose ainsi créée.) Une telle situation, qui implique le naufrage de la rationalité telle que nous la connaissons et la pratiquons, implique a contrario la nécessité de créer une autre rationalité, – disons, pour rejoindre notre citation sans pour autant partager l’analyse que fait Girard des causes de cette nécessité, «un tout autre type de rationalité». Sans aucun doute, «[l]es événements l’exigent».
(Girard base son exigence sur la forme de la violence, c’est-à-dire, selon lui, la guerre qui devient apocalyptique. Nous avons une autre approche, à moins que l’on mette en cause la substance même de la guerre, et que le concept de “guerre” décrive autre chose que ce qu’il décrit aujourd’hui. La guerre est devenue, aujourd’hui, quelque chose qui a essentiellement à voir avec la communication et marginalement avec l’opération guerrière. Elle est de plus en plus infaisable par refus de coopération des adversaires de ceux qui la promeuvent. Il y a certes violence, mais plus psychologique encore que guerrière au sens classique.)
La question que nous fait nous poser Girard vient du fait qu’en recommandant de changer de “rationalité”, il semble ne pas pour autant faire le procès de celle que nous sommes conviés à abandonner. Il semble nous dire: “ce qui arrive aujourd’hui nous conduit à abandonner la rationalité des Lumières”. Par contre, il semble éviter de nous dire ceci, qui est une question diablement importante, sinon essentielle: “ce qui arrive aujourd’hui ne nous conduit-il pas à la mise en cause radicale de la rationalité des Lumières?” (en plus de l’abandonner, – mais la mise en cause radicale conduirait évidemment, en saine logique, à l’abandon, ou tout au moins à une modification radicale…). L’essentiel est bien dans cette interrogation, rejoignant dans le même procès, par exemple, celle qu’engendre la crise de l’environnement (la crise climatique dans son extrême). Puisque la crise de l’environnement évoluant vers son paroxysme existe s’exclame-t-on de par le monde, il faut tout faire, y compris mobiliser les capacités du système, pour lutter contre les effets de la crise et en modifier la tendance catastrophique. Ils sont bien peu à poser la seule question qui compte: puisque la crise climatique à son paroxysme existe et qu’elle est ce qu’elle est, et qu’elle est la conséquence de ce que l’on sait, n’est-ce pas évidemment parce que ce système, et le Progrès avec lui, sont au terme de leur logique de développement des fonctions fondamentalement perverses et prédatrices de l’espèce humaine et de tout ce qui tend à l’élever?
Le premier amendement à cette question est d’observer que le Progrès est une création humaine, et notamment de la rationalité des Lumières, et que son procès a été fait, qu’il est permanent depuis qu’existe la notion de Progrès. Plus précisément, dans la forme prédatrice où il se trouve aujourd’hui, le procès du Progrès sous sa forme moderne du mécanisme, du “fordisme”, de l’américanisme, a été fait dans la période de l’Entre-deux guerres, dans les années 1920 et la première moitié des années 1930 (après, à partir de 1934-35, l’utopie “idéologiste” a pris le dessus, avec les batailles passées au premier plan autour des idées fascistes, communistes, démocratiques, etc., tout cela jusqu'à la fin de la Guerre froide.). Tous les constats qu’on fait aujourd’hui furent effectivement posés, analysés et compris avec infiniment plus d’esprit et de lumière durant cette période. (Notamment, la dénonciation de la destruction de l’environnement comme conséquence directe du mécanisme était très généralisée, dans les termes qu’on connaît aujourd’hui, dans toute cette école critique.) La seule nouveauté d’aujourd’hui est que ces constats sont imposés par l’urgence de leurs effets sur le destin de la civilisation et du monde. En même temps, la confirmation essentielle qu’on peut apporter par rapport aux années 1920-1930 est l’observation que l’élément fondamental qui discrédite le Progrès est sa dynamique, – sa production et son rythme, sa vitesse, sa puissance propre, tous ces facteurs qui le transforment en substance par rapport aux ambitions initiales qu'on lui prêtait, qui le transforment en un système, en une machine qui vit de sa propre vie et échappe à ses créateurs. (C’est ce que Robert Aron et Arnaud Dandieu nommaient dans leur Décadence de la nation française, en 1931, «l’économie de force».)
Cette dynamique folle du développement machiniste du Progrès, amène à la perte de contrôle, à la prise du pouvoir par un processus systémique contre lequel on se trouve désarmé et qui nous emprisonne si nous ne modifions pas notre rationalité critique qui permet effectivement de porter un jugement libéré. On conclut effectivement que la crise actuelle, notre crise systémique fondamentale est moins cette question machiniste (économique et technologique) qui en est l’origine et le moteur et qui existe depuis longtemps, qu’une question psychologique dans un l'aspect désormais essentiel de son fondement, – c’est-à-dire notre crise psychologique, conduisant à la recherche d’«un tout autre type de rationalité» pour la résoudre. C’est notre psychologie qui a permis à la bête de se déchaîner et qui nous a conduits à nous enchaîner, par fascination et vanité tout autant, à son développement incontrôlé. C’est elle seule, notre psychologie, si nous acceptons l’idée qu’il nous faut développer un “autre type de rationalité”, qui nous permettrait de nous en libérer: non seulement pour observer d’une façon radicalement critique un domaine jusqu’ici considéré comme tabou, mais pour écarter, grâce à cette vision critique, notre tendance systémique à confondre l’idée de la force avec l’idée du bien et à faire d'une fonction dynamique (la force) une fonction morale (le bien).
Il nous apparaît évident que l’idée d’une psychologie évoluant de façon à pouvoir “penser l’apocalypse” comme on pense un événement historique possible est une voie acceptable pour tenter d’atteindre à ce «tout autre type de rationalité» que réclame Girard. L’année 2008 pourrait être un bon exercice pour cela, dans la mesure où elle pourrait être une année où certaines réalités pourraient s’imposer et faire voler en éclats notre virtualisme (nous pensons notamment aux événements que pourrait susciter, aux USA d’abord et ailleurs ensuite, l’élection présidentielle US).
Source : http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4787
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| Pourquoi opter pour Jésus-Christ ? (le 24/12/2007 à 03h17) |
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Lundi 24 Décembre 2007
Pourquoi opter pour Jésus-Christ ?
INTRODUCTION
A quelques heures seulement de la célébration presqu’universelle de la Fête de Noël, réjouissons-nous, avec l’Eglise universelle, de la naissance parmi les hommes de Jésus, Celui qui a, de manière la plus parfaite qui soit, révélé Dieu le Créateur à la connaissance humaine et a, en même temps, racheté nos vies, à la croix de Golgotha, afin de nous sauver de la colère à venir.
Mais nous ne pouvons, de manière responsable, fermer nos cœurs et nos oreilles à l’interrogation, légitime, de ceux qui ne confessent pas Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur et qui, en maintes occasions, interpellent les chrétiens par cette question, en apparence simple :
« Les chrétiens aiment affirmer, haut et fort que, grâce à Jésus-Christ, le Christianisme est supérieur à toutes les autres religions du monde, ce qui semble bien ‘borné’, et à la limite, ‘intolérant’. Qu’y a-t-il de plus particulier avec Jésus et le Christianisme ? Pourquoi croire en Lui, alors que l’on peut, fort bien, adhérer à une religion du monde telle que l’hindouisme, le bouddhisme, ou l’islam ? ».
REPONSE : JESUS-CHRIST EST UNIQUE ! VRAIMENT UNIQUE !
I) SA VIE EST L’ACCOMPLISSEMENT D’UN GRAND NOMBRE DE PROPHETIES
Contrairement aux autres fondateurs de religions (Bouddha, Mahomet), Jésus-Christ a fait l’objet d’un très grand nombre de prophéties, comme le montre le tableau que voici :
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PREDICTIONS |
PROPHETES |
EPOQUES |
ACCOMPLISEMENTS |
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Descendance de la femme |
Moïse : Genèse 3 : 15 |
1450 – 1400 av. J.C. |
Galates 4 : 4 |
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Descendance d’Abraham |
Moïse : Genèse 12 : 3 |
1450 – 1400 av. J.C. |
Galates 3 : 8 |
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Tribu de Juda |
Moïse : Genèse 49 : 10 |
1450 – 1400 av. J.C. |
Hébreux 7 : 14 |
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De la lignée de David |
David : Psaume 110 : 1 |
1000 av. J.C. |
Matthieu 1 : 1 ; Romains 1 : 3 |
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Naissance d’une vierge |
Esaïe 7 : 14 |
700 av. J.C. |
Matthieu 1 : 23 |
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Naissance à Bethléem + pré-existence éternelle |
Michée 5 : 1 |
700 av. J.C. |
Matthieu 2 : 6 |
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Oint du St-Esprit |
Esaïe 61 : 1 |
700 av. J.C. |
Luc 4 : 18 |
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Entrée à Jérusalem sur un âne |
Zacharie 9 : 9 |
500 av. J.C. |
Matthieu 21 : 5 |
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Trahi par un ami |
David : Ps. 41 : 10 |
1000 av. J.C. |
Jean 13 : 18 |
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Vendu pour 30 pièces d’argent |
Zacharie 11 : 12 |
500 av. J.C. |
Matthieu 26 : 15 ; 27 : 9 |
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Abandonné par Ses disciples |
Zacharie 13 : 7 |
500 av. J.C. |
Matthieu 26 : 31, 56 |
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Pieds et mains percés, mais aucun os brisé |
David - Psaume 22 : 17 ; 34 : 21 |
1000 av. J.C. |
Jean 19 : 36 ; 20 : 20, 25 |
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Devrait boire du fiel mêlé au vinaigre |
David – Psaume 69 : 22 |
1000 av. J.C. |
Matthieu 27 : 34 |
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Vêtements partagés et tunique tirée au sort |
David – Psaume 22 : 19 |
1000 av. J.C. |
Matthieu 27 : 35 |
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Abandonné de Dieu Lui-Même |
David – Psaume 22 : 2 |
1000 av. J.C. |
Mathieu 27 : 46 |
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Enseveli avec les riches |
Esaïe 53 : 9 |
700 av. J.C. |
Matthieu 27 : 57 - 60 |
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Ressuscité des morts |
David – Psaume 16 : 8 - 11 |
1000 av. J.C. |
Actes 2 : 29 - 36 |
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Remonté au ciel, dans les hauteurs |
David – Psaume 68 : 19 |
1000 av. J.C. |
Ephésiens 4 : 7 - 10 |
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Assis à la droite du Père |
David – Psaume 110 : 1 |
1000 av. J.C. |
Matthieu 22 : 41 - 45 |
QUESTION CRUCIALE : Toutes ces prophéties, littéralement accomplies dans la vie terrestre de Jésus, de Sa naissance à Sa mort, constituent-elles un fait du pur hasard ?
Lui-Même apporte, après Sa résurrection ce puissant témoignage : « Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi… » (Luc 24 : 44 – 47).
ð Essayons maintenant de mettre les fondateurs des autres religions en parallèle avec Jésus : impossible ! Il n’existe aucune prophétie au sujet de Bouddha, ou de Mahomet, sans parler de l’hindouisme, qui n’a pas de fondateur ð Cela ne donne-t-il pas à réfléchir ?
II) LA FILIATION DIVINE DE CHRIST
Sans conteste, Bouddha et Mahomet ne sont que des hommes ; or, Jésus est, Lui, à la fois Dieu, et homme.
Voici les témoignages rassemblés à ce propos :
A) REVENDICATIONS PERSONNELLES DE JESUS-CHRIST
Pendant Son ministère parmi Ses contemporains, que de fois les Juifs n’ont-ils pas tenté de Le lapider parce qu’Il commet, à leurs yeux, l’abomination la plus blasphématoire en Se réclamant de la nature divine, voire en S’identifiant purement et simplement avec Dieu le Père :
· « Celui qui me voit, a vu le Père… » (Jean 14 : 9) ! Jamais Bouddha, ou Mahomet, ou un saint de l’hindouisme n’a osé affirmer cela !
· « …Le Père et moi, nous sommes un » (Jean 10 : 30) !
· « Ainsi, tous respecteront le Fils, comme tous respectent le Père. Le Père a envoyé le Fils. Si quelqu’un ne respecte pas le Fils, il ne respecte pas non plus le Père. Oui, je vous le dis, c’est la vérité, si quelqu’un écoute mes paroles et croit au Père qui m’a envoyé, il vit avec Dieu pour toujours. Il n’est pas condamné, mais il est passé de la mort à la vie. Oui, je vous le dis, c’est la vérité, le moment arrive, et c’est maintenant : les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’entendront vivront. Le Père possède la vie, le Fils aussi possède la vie. C’est le Père qui lui a donné cela » (Jean 5 : 23 – 26) ;
· « Le grand–prêtre lui dit : « Au nom du Dieu vivant, je te demande de répondre : Est–ce que tu es le Messie, le Fils de Dieu ? » Jésus lui répond : « C’est toi qui le dis. Mais je vous l’affirme, à partir de maintenant, vous verrez le Fils de l’homme assis à droite du Tout–Puissant. Il viendra sur les nuages du ciel » (Matthieu 26 : 63 – 64).
B) DIEU LUI-MÊME LE DECLARE « FILS DE DIEU »
· A Son baptême par Jean-Baptiste, dans les eaux du Jourdain et devant une multitude de gens : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, celui qui fait toute ma joie » (Matthieu 3 : 17) ;
· Lors de la transfiguration, en présence de trois (3) de Ses disciples : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé ! Ecoutez-le ! » (Marc 9 : 7).
· Question : quel fondateur d’une autre religion a-t-il été si explicitement approuvé par Dieu le Père, au point de l’appeler « Son Fils bien-aimé » ?
C) LES DEMONS LE RECONNAISSENT ET TREMBLENT
· « …Ils s’écrièrent : ‘Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? » (Matthieu 8 : 29).
D) JESUS-CHRIST : DIEU AVANT SON INCARNATION
La Bible affirme, sans détours, qu’avant Son incarnation, Jésus a toujours existé en tant que Dieu :
· « …Celui qui dominera sur Israël, et dont les activités remontent aux temps anciens, aux jours de l’éternité » (Michée 5 : 2) ;
· « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean (1 : 1) ;
· « Jésus leur dit : ‘En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis » (Jean 8 : 58) ;
· « Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que le monde soit » (Jean 17 : 5) ;
· « Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui, éternellement » Hébreux 13 : 8).
CONCLUSION
Il nous faut maintenant tirer de tout ce qui a été dit une conclusion, en choisissant entre les deux seules possibilités suivantes :
· Ou bien les prétentions de Jésus sont maladives et mensongères, et donc blasphématoires,
· Ou bien elles sont véridiques, et donc justifiées.
Il n’y a pas de troisième possibilité.
Or, les prophéties accomplies durant la vie terrestre de Jésus montrent qu’Il n’a pas menti, et donc qu’Il est absolument digne de notre confiance.
De plus, Il n’impose à personne un jeûne de 40 jours pour lui pardonner ses fautes, et jamais Il n’a créé de classe de parias (catégorie humaine déclarée impure et rejetée par d'autres) parmi Ses disciples, comme l’a institué l’hindouisme ! Au contraire, Il supplie les humains en ces termes :
« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez–moi vous instruire, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour vous–mêmes. Le joug que je vous invite à prendre est facile à porter et le fardeau que je vous propose est léger » (Matthieu 11 : 28 – 30).
Un Dieu qui supplie Sa créature rebelle de revenir vers Lui : où, dans quelle religion autre que le Christianisme a-t-on vu cela ?
On le voit : Jésus-Christ, le Fils de Dieu, mérite notre confiance, pleine et entière. Et c’est pourquoi, partout, en Europe, en Inde, en Chine, dans les pays musulmans comme dans le coin le plus reculé de la planète, ce témoignage absolu de Dieu le Père à l’égard de Son Fils revêt une importance capitale :
« Il n’y a de salut en aucun autre, car nulle part dans le monde entier Dieu n’a donné aux hommes le nom de quelqu’un d’autre par qui nous pourrions être sauvés » (Actes 4 : 12).
Venons donc à Jésus, et à Lui seul, pour avoir la vie éternelle !
C. MABADA-MABAYE - MNA
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| La Crise : Chambardement Social et Politique (le 23/12/2007 à 01h42) |
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Dimanche 23 Décembre 2007
La Crise : chambardement social et politique
Conférence donnée par Jean-Pierre Graber lors des rencontres de Lavigny (Suisse) et publiée dans le numéro 121 de Promesses.
J.-P. Graber, Dr ès sciences politiques est directeur de l'Ecole supérieure de Commerce de La Neuveville (Suisse). Il est engagé activement dans la vie politique de sa commune et de son canton.
Avant de nous interroger sur la crise actuelle, sur ses causes et sur ses effets, il est opportun de rappeler le sens du mot "crise". Ce dernier trouve son origine dans le grec "krisis" qui signifie décision ou jugement. Et c'est bien de cela qu'il s'agit. La crise représente une phase décisive et périlleuse d'une évolution, le moment paroxystique où la trajectoire d'une évolution change de cours. La crise est ainsi le temps d'une décision inéluctable et mécanique provoquée par l'Histoire, par les déterminants de la vie politique, sociale, économique et culturelle. Mais cette décision, voire ce jugement, peuvent procéder de Dieu lui-même pour les croyants. Toute crise, quelle que soit sa forme ou sa durée a son issue, bonne ou mauvaise.
Dans l'Histoire, les crises sont récurrentes. En un sens, l'Histoire est faite d'une succession de crises séparées les unes des autres par des temps de latence et de calme relatif. La crise actuelle n'est pas un phénomène intrinsèquement nouveau. Dans les années 1970 déjà, Valéry Giscard d'Estaing, alors Président de la République française écrivait : "Le monde est malheureux, et il est malheureux parce qu'il ne sait pas où il va et parce qu'il devine que, s'il le savait, ce serait pour découvrir qu'il va à la catastrophe". Ce langage, pour le moins inhabituel sous la plume d'un homme d'Etat en activité, témoigne que les crises sont de toujours, ou alors que celle qui affligeait l'Europe au temps des deux chocs pétroliers et du terrorisme d'extrême-gauche n'en finit pas de déployer ses incidences délétères.
Si presque toutes les générations ont connu tourments, incertitudes et soubresauts, la crise de cette fin de millénaire est caractérisée par sa très grande ampleur, par son aspect transnational ou universel, par le fort sentiment d'impuissance qui l'accompagne et par sa généralité.
Tous les champs d'action et de réflexion de l'humanité sont en crise, à commencer par le système des valeurs. Un article récent de l'hebdomadaire français "L'Express", intitulé "Ce que croient les enfants", rapporte ces paroles d'une enseignante, qui résonnent comme la quintessence de l'effondrement du christianisme, et de ses valeurs plus que millénaires qui constituaient les fondements de la culture occidentale : "II y a dix ans, les enfants conservaient encore des repères chrétiens assez classiques. Aujourd'hui, chaque enfant se bricole sa propre vision de l'au-delà". Dans l'esprit de nos contemporains, i1 n'y a plus de repères incontestables auxquels les hommes et les femmes pourraient ancrer leurs vies. La culture, support de l'expression sophistiquée et complexe des diverses valeurs et de leurs enchevêtrements, exhale souvent un parfum de vanité, de confusion ou de nihilisme protestataire dans nombre de ses œuvres.
Les relations humaines sont en crise parce qu'elles portent de plus en plus la marque de l'indifférence, de la peur ou de la haine. Les mutations sociologiques et les nouvelles moeurs conduisent à l'éclatement de la cellule familiale traditionnelle et, de proche en proche, à la multiplication des comportements pathologiques et des problèmes sociaux. En dépit de la distribution contrôlée de méthadone et d'héroïne, la consommation de drogue, loin de reculer, nous renvoie plutôt l'image du mal de vivre et du mal-être d'une partie notable de la jeunesse.
La violence gangrène le tissu social de grandes villes au point que, par endroits l'Etat de droit ne parvient plus à imposer ses normes. Hommes et femmes de tous âges appréhendent d'être agressés psychiquement et physiquement et craignent pour leur sécurité.
La crise se manifeste également dans les rapports que nous entretenons avec la science et la technologie. Le génie génétique et d'autres découvertes scientifiques laissent entrevoir la stabilisation sinon la guérison de maladies considérées jusqu'il y a peu comme incurables ou irréversibles. Mais nous avons peur que ces innovations entraînent des effets secondaires monstrueux sous forme de maux inédits non maîtrisables ou qu'elles nous asservissent en servant d'instruments aux mains d'obsédés de la rationalité sociale, désireux d'imposer l'utopie de la normalité de l'homme abstrait parfait.
L'économie aussi est en crise. Pour l'homme de la rue, prioritairement attaché à son niveau de vie et légitimement. A la sécurité de son emploi, c'est surtout, et peut-être même exclusivement, l'économie qui est en crise. Il est vrai que le domaine économique nous offre l'image de l'émergence de contradictions chaque jour plus fortes, plus inadmissibles et plus scandaleuses. Plus que jamais dans l'histoire de l'humanité, les progrès technologiques permettraient de produire des biens et services de qualité, en abondance et rapidement. Pourtant les besoins fondamentaux de millions de personnes ne sont pas satisfaits ! Depuis près de 3 ans, les annonces de licenciements des grandes entreprises multinationales sont régulièrement suivies d'une augmentation cours de leurs actions en bourse !
La croissance économique n'est plus créatrice d'emploi comme naguère. C'est qu'aujourd'hui les progrès de productivité sont convertis en dividendes rémunérateurs ou en diminution des coûts de production. et non plus en réductions du temps de travail ou en augmentations des salaires réels génératrices d'un accroissement de la demande globale.
Produire le moins cher possible et vendre le plus cher possible afin de maximiser le profit sans autres considérations humaines ou sociales : de manière simplifiée, c'est la fameuse logique économique qui, conjuguée à la dissolution accélérée des frontières et des Etat-nations, implique la globalisation des marchés. Logique économique et globalisation des marchés exercent un imperium toujours plus absolu sur les populations. En 1951, Frank Abrams, président de la Standard Oil du New-Jersey, écrivait: "Le rôle de la direction est de maintenir un juste équilibre entre les intérêts des différentes parties concernées : les actionnaires, les employés, les consommateurs et l'ensemble de la collectivité. Il est hélas révolu le temps où cette philosophie imprégnait la plupart des entreprises des pays industrialisés occidentaux.
L'emprise grandissante de la logique économique creuse les inégalités sociales et contribue à l'émergence d'une société à deux vitesses. En raison du chômage et de la précarisation des emplois existants, les tensions sociales sont avivées, la jalousie à l'égard des bénéficiaires de sécurité matérielle attisée, les relations sociales se détériorent, les consensus s'érodent et les solidarités vraies s'amenuisent.
La sphère politique et l'Etat, en tant qu'institution, n'échappent évidemment pas à la crise, notamment en raison de la perte de crédibilité de gouvernements qui ne parviennent pas à maîtriser les fléaux du monde contemporain et qui de surcroît peinent à définir leur rôle dans la société.
Ma foi chrétienne ne m'empêche pas d'être un adepte réservé de l'analyse et de l'approche systémiques, lesquelles voient dans les diverses sphères de la vie humaine autant de variables s'influençant réciproquement. Il est à mes yeux évident que les crises des divers secteurs de la vie sociale sont en interaction, qu'elles se nourrissent et s'aggravent mutuellement. De proche en proche, les diverses crises sectorielles se transforment en une crise généralisée et massive. Ainsi, la crise des valeurs exerce une influence manifeste sur la culture, sur les relations sociales et sur les systèmes d'éducation. La crise économique explique en grande partie la crise politique dont souffrent nos pays. On pourrait multiplier les exemples d'interactions entre les diverses crises sectorielles. Tout cela pour dire qu'aujourd'hui, plus encore que par le passé, l'aggravation d'une crise sectorielle amplifie inéluctablement la crise générale à cause des nouvelles techniques de l'information et du phénomène de l'accélération de l'Histoire.
Les historiens parlent de drôle de guerre pour qualifier la situation qu'a vécue la France entre septembre 1939 et le 10 mai 1940. La guerre était déclarée, mais l'armée française attendait sur sa ligne Maginot et aucun soldat allemand n'avait foulé le sol de l'Hexagone. A certains égards, la crise que nous connaissons est également une drôle de crise. Tout le monde parle de crise économique alors que, contrairement à ce qui s'est produit durant la grande dépression de la première moitié des années 1930, les taux de croissance de la plupart des pays européens ont continué à être positifs depuis 1990. La Suisse, il est vrai, a fait moins bien que ses voisins, mais en valeur réelle notre PNB de 1996 n'est pas plus bas que celui de 1990. D'autres domaines de nos sociétés se prêtent aux mêmes constatations. Cela démontre que si les crises actuelles sont indiscutables et graves, elles présentent néanmoins une dimension psychologique considérable, les hommes et les femmes aggravant dans leur imaginaire les aspects objectifs de ces crises. Par leurs angoisses compréhensibles et leurs visions pessimistes de l'avenir, les humains accélèrent les crises. C'est particulièrement vrai dans le domaine économique où l'épargne de protection excessive et la diminution corrélative de la demande engendre de forts ralentissements conjoncturels. Ainsi le psychologique et le réel conjuguent-ils leurs effets délétères pour précipiter le mouvement des crises vers des phases plus paroxystiques. Drôles de crises que celles qui sont intériorisées avant d'éclater pleinement.
Dans le cadre de cette conférence, il n'est certes ni possible ni opportun d'analyser les causes de 1a crise actuelle d'une manière un tant soit peu exhaustive. Je me bornerai à dire qu'à mes yeux trois facteurs fondamentaux se joignent pour modeler et changer en profondeur nos sociétés : la logique économique, les avancées technologiques et les mentalités collectives.
J'ai déjà évoqué la logique économique et quelques-unes de ses conséquences.
Les avancées technologiques constituent le principal instrument du mythe prométhéen, peut-être le plus grand moteur inconscient de notre civilisation. Beaucoup d'innovations technologiques apportent de véritables et légitimes améliorations à l'humanité et doivent être acceptées à leur juste et grande valeur. Mais aujourd'hui, la science et la technologie sont toujours plus autonomes relativement aux critères du bien et du mal. Les passages des progrès scientifiques aux applications technologiques sont trop peu soumis aux normes discriminatoires de la conscience. Dennis Gabor a saisi cette dérive en énonçant sa première loi de la technologie: "tout ce qui peut être fait le sera". En réfléchissant à cette problématique, Roger Garaudy a écrit avec pertinence: "Tout ce qui est techniquement possible est nécessaire et souhaitable". C'est en ce sens que science et technologie peuvent devenir oppressantes pour l'homme.
Le génie génétique présente pour le moins autant de virtualités négatives que d'aspects positifs pour l'humanité. La vente de sang contaminé et l'affouragement des bovins par des farines animales, contre les lois élémentaires de la nature et du bon sens, laissent mal augurer d'une utilisation sage du progrès scientifique.
Les mentalités collectives constituent vraisemblablement le déterminant le plus important du déclenchement, du degré de gravité et de la nature des crises. Les mentalités collectives de ce temps me semblent présenter les caractéristiques essentielles que voici :
- Un agnosticisme multiforme largement répandu, selon lequel Dieu, s'il existe, n'est en aucun cas le Dieu de l'Histoire révélé par l'Ancien et le Nouveau Testament, mais bien plutôt le Grand Psychologue qui nous comprend du haut de sa distante bienveillance ;
- La conviction qu'il n'y a pas de vérité absolue dans l'ordre spirituel, religieux, éthique et social, mais bien plutôt des vérités partielles, contingentes et provisoires, issues de la culture d'une époque. C'est le relativisme ;
- La volonté de s'abstraire de la condition humaine et de nier la nature humaine. Le dessein de s'abstraire de la condition humaine explique les tentatives de l'humanité de réaliser l'utopie d'un paradis terrestre dont seraient bannies la souffrance, les maladies, la peine du travail, les contradictions et limitations humaines, voire même la mort. Nier la nature humaine, c'est, entre autres, refuser de voir que l'origine du mal est en l'homme et non pas d'abord dans la société ;
- La quête d'une spiritualité irrationnelle et irréelle qui se manifeste par le goût pour les religions orientales, le surnaturel sous toutes ses formes, les tarots, les horoscopes et autres pourvoyeurs de tranquillité psychique éphémère ;
- La croyance que les êtres humains ne sont pas véritablement responsables de leurs comportements pathologiques, ces derniers étant imputables à l'environnement socio-culturel. Cette croyance détermine grandement l'attitude de nos tribunaux et de nos systèmes d'éducation. – L'individualisme égoïste, avec ses corollaires logiques que sont l'indifférence à son prochain, l'absence de solidarité active et la régression de l'esprit de sacrifice ;
- Le profond désir du plus grand nombre que l'Etat n'interdise plus, mais qu'il se borne à réparer les effets négatifs de nos comportements pathologiques ;
- La consommation de sensations physiques et psychiques érigées en but ultime de la vie et en valeur absolue de la société ;
- Le matérialisme pragmatiques et les résultats à court terme reconnus comme critères premiers des décisions humaines. C'est le règne de l'utilitarisme ;
- Le mépris, voire la haine d'une différence qui interpelle et brise des certitudes faciles, confortables et anesthésiantes ;
- En dépit d'un certain retour à la nature et aux mythes passéistes de l'âge d'or, la croyance majoritaire que la science et la technique constituent les principaux instruments de la résolution de presque tous les fléaux qui assaillent: l'humanité.
Répétons-le. Les mentalités collectives, les avancées technologiques et la logique économique constituent l'origine principale de la crise généralisée d'aujourd'hui dont nous développerons maintenant quelques aspects plus spécifiquement sociaux et politiques.
La crise sociale
De manière quintescente et schématique, la Révolution française et la Révolution industrielle qui a débuté en Angleterre vers 1760 constituent les deux grandes portes d'entrée du monde moderne. La Révolution française et le Siècle des Lumières qui l'a initiée ont notablement contribué à modifier la pensée dans les ordres théologique, philosophique, culturel et politique. La Révolution industrielle a, quant à elle, bouleversé les domaines de l'économie et de la technologie. C'est à cette époque que les machines ont commencé à remplacer la main humaine. C'est également à cette époque que la vérité d'un Dieu personnel, transcendant et salvateur, source ultime et unique de références supra-humaines intangibles, a été contestée sérieusement par les élites. Les masses sont restées attachées plus longtemps à la réalité d'un Dieu révélé. Le mouvement d'évacuation de Dieu s'est accentué au cours des deux à trois dernières décennies à un point tel que nous vivons aujourd'hui dans une société post-chrétienne.
Ce phénomène du rejet de Dieu et des valeurs du christianisme a été accompagné par l'émergence progressive de la société industrielle qui a pris le relais de la société agraire. La société industrielle et sa fille, la société post-industrielle, sont notamment caractérisées par la concentration accélérée de toutes les activités humaines. Ces diverses concentrations ont donné naissance à un nouveau type d'homme : l'homme de masse. Ce dernier souffre à la fois de sur-intégration et de sous-intégration.
De sur-intégration, parce qu'il est partiellement prisonnier volontaire de l'uniformisation des modes de vie et des comportements humains, d'un conformisme social parfois étouffant ainsi que de multiples réseaux de contraintes et de conditionnements. Bien plus que nos ancêtres, nous vivons dans un rapport de dépendance très étroit à l'égard de la société.
Mais par ailleurs, les hommes d'aujourd'hui pâtissent souvent d'une sous-intégration parce qu'ils sont privés d'une communauté naturelle de taille humaine qui leur serve de structure d'accueil sécurisante. En ce sens, l'homme de masse est fréquemment solitaire, individualiste et livré à lui-même dans une société atomisée fortement centralisée et organisée.
Le rejet grandissant de Dieu et la société de masse atomisée ne pouvaient que susciter une indifférence croissante à l'égard d'autrui et, partant, une détérioration des relations humaines.
Cette indifférence relativement à l'autre ne peut qu'être aggravée par la crise économique, le chômage, la précarisation des emplois, le sentiment d'incertitude et l'insécurité qui se manifestent avec une acuité toujours plus vive.
Il s'ensuit que la première manifestation de la crise sociale réside dans l'effritement ou le recul de la solidarité. L'indifférence menace la solidarité, Une indifférence aggravée tue la solidarité.
Banalement, cette absence de solidarité vraie s'observe le long des boulevards de nos grandes cités lorsqu'une personne est en difficulté ou agressée. Elle se traduit par la méfiance spontanée face à autrui, par la peur de l'inconnu, de l'étranger, de l'autre, par une montée des égoïsmes, parfois même par la haine de celui qui est différent.
Les clivages sociaux sont de toujours parce qu'ils sont consubstantiels à la nature humaine. Mais l'effondrement de la solidarité les renforce et concourt à l'apparition d'une société dite à deux ou à plusieurs vitesses.
Toute une série d'anciens clivages renforcés et de nouveaux clivages conduisent à ces fractures sociales superposées dont on parle tant.
- Un premier et primordial clivage se creuse sous l'effet de l'évolution fortement divergente de la rémunération du capital et du travail.
Il y a deux décennies encore, ces deux grands facteurs de production étaient rétribués assez équitablement, référés l'un à l'autre. Aujourd'hui, l'impitoyable logique économique, la globalisation des marchés et la pression des actionnaires impliquent une réduction drastique des coûts, dont les salaires constituent la composante essentielle à hauteur d'environ 60%. Dans ces conditions les entreprises remplacent, autant que faire se peut, les travailleurs par des processus de production automatisés. Il n'est dès lors pas étonnant que les revenus réels de la majorité des salariés stagnent ou diminuent, alors que ceux des détenteurs de capitaux, et plus particulièrement des propriétaires d'actions, augmentent sensiblement. En Suisse par exemple, le revenu disponible des ménages a diminué de 4,8% entre 1991 et 1995, alors que durant le même laps de temps, le cours et les dividendes de très nombreuses actions s'envolaient. La comptabilité nationale des divers pays industrialisés confirme cette tendance. Cette évolution est d'autant plus choquante que le profit ne récompense plus véritablement la prise de risque et les talents d'un entrepreneur indépendant, mais bien plutôt l'attente tout à la fois fiévreuse et. passive des individus et des institutions qui ont les yeux rivés sur les écrans de la bourse sans véritablement travailler et courir de graves périls. Le capitalisme spéculatif tend à l'emporter sur le capitalisme productif.
- Un deuxième clivage oppose les hommes et les femmes qui savent comme l'on doit savoir et ceux et celles qui ne savent pas comme l'on doit savoir.
Se pose ici toute la problématique de la maîtrise des compétences professionnelles, des techniques et des moyens de communications modernes. Heureusement que beaucoup de gens assimilent ces savoirs et ces savoir-faire contemporains. Robert Reich, ancien Secrétaire américain au Travail, range dans cette catégorie les identificateurs et les résolveurs de problèmes ainsi que les courtiers et les stratèges. Mais à l'évidence, et en dépit de tous les ambitieux programmes d'éducation, tous ne peuvent pas l'être, faute de disposer des ressources psychiques, matérielles ou intellectuelles nécessaires. Un très récent rapport de l'OCDE précise que près de 20% de la population adulte suisse éprouve des difficultés de lecture. Les chiffres ne sont guère différents chez nos voisins.
C'est d'autant plus dramatique que les entreprises ont de moins en moins besoin de travailleurs peu capables d'exercer autre chose que des tâches simples et répétitives. Dans les prochaines années, une grande partie de ce type de travailleurs sera condamnée à un chômage durable. Toujours plus délicate sera la situation des personnes âgées en particulier, qui peinent à utiliser des outils aussi courants que les nouveaux moyens de paiement ou les ordinateurs appelés à l'omniprésence. A n'en pas douter, ce clivage associé à la dureté et à la fausse rationalité de notre temps, mène d'une part à la disqualification de valeurs autrefois reconnues telles que la fidélité, la patience, la disponibilité, l'empathie et le sens de l'esthétique gratuite, et, d'autre part, à l'exclusion de ceux qui ne savent pas ou plus comme l'on devrait savoir.
- La haine du différent, attisée par la crise sociale, renforce et renforcera de plus en plus un troisième clivage, qui recoupe en partie le deuxième. Cette césure sépare ceux qui se comportent comme l'on doit se comporter en se conformant aux principaux codes de notre époque et ceux qui ne le font pas. Ces derniers, parmi lesquels il convient de compter les toxicomanes, mais aussi les adeptes convaincus de philosophies, de religions ou de styles de vie honnis, sont eux également de p1us en plus guettés par la marginalisation et. l'ostracisme.
- Un quatrième clivage, ultra-classique et déjà indirectement évoqué oppose les hommes et les femmes pourvus d'un emploi stable aux chômeurs de longue durée. Nous nous bornerons ici à souligner la gravité de ce grand fléau en rappelant qu'entre 1980 et 1996, le taux de chômage a passé de 6,2 à 12,6 % en France, de 3,4 à 10 % en Allemagne, de 7,7 à 12% en Italie et de 0,2 à 5,2% en Suisse. Il est vrai que Durant ces quinze dernières années, ce taux a régressé de 7,1 à 5,2% aux Etats-Unis. Mais l'UE compte aujourd'hui près de 20 millions de sans-emploi et les pays de l'OCDE plus de 35 millions.
- Un cinquième clivage oppose les personnes fortement ancrées dans une communauté restreinte ou large, telle qu'une famille solide ou un groupement très solidaire et protecteur, aux personnes fragilisées par leur solitude. ! Nous pensons ici à certaines personnes âgées ou à des femmes seules élevant leurs enfants. Là aussi, l'éviction sociale fait des ravages.
- Un sixième clivage, fondamental, synthétisera avec toujours plus de vigueur les quatre premiers, celui qui trace une ligne de partage entre les personnes qui perçoivent des revenus suffisants pour participer aux festins des îlots de prospérité et les victimes de la nouvelle pauvreté qui pourront de moins en moins s'asseoir à la table du banquet de la société. Dans notre pays, qui demeure un des plus riches de la planète, nous recensons près de 500.000 nouveaux pauvres, soit près de 1/ 14 de la population. Ce sixième clivage figure sous la forme la plus achevée de la société à deux vitesses et engendre à son tour un septième clivage.
- Dans notre pays et ailleurs, ce septième fossé, plus béant qu'il y a cinq ou dix ans, oppose les catégories sociales qui ont accès à la médecine de pointe, aux meilleures écoles et à certaines expressions de la culture, aux couches de la population qui en sont privées, faute de revenus suffisants. En Suisse, le nouveau système d'assurance maladie s'éloigne de l'universalité pour pratiquer des tarifs différenciés en fonction des risques couverts. De très sérieux projets visent à faire participer les parents au financement des écoles du secondaire II par le biais d'écolages nouveaux ou substantiellement plus élevés. Ces tendances, qui s'abreuvent à l'effondrement des solidarités et à la crise des finances publiques, réduisent singulièrement la relative et satisfaisante égalité sociale qui prévalait naguère dans notre pays et surtout, vident progressivement de sa substance le célèbre et excellent postulat de l'égalité des chances qui fut l'un des joyaux de l'Europe du XXe siècle.
La détérioration des relations humaines, la déliquescence du tissu social, la multiplication des clivages, le phénomène de l'exclusion, la nouvelle pauvreté et le chômage : grande est la vraisemblance que les principales caractéristiques de la crise sociale nourrissent immanquablement les frustrations, les mécontentements, les jalousies et les sentiments de révolte au point d'ébranler les régimes démocratiques et des modes de vie qui semblaient assurés pour longtemps.
La crise politique
Nos pays subissent une profonde crise politique. Cette crise polymorphe est d'abord celle de l'Etat.
L'Etat est un fait de nature, une institution permanente. Le pouvoir peut changer de forme, jamais il ne disparaît totalement. La conception chrétienne de l'Etat dérive substantiellement du chapitre 13 de l'Epître aux Romains. Le pouvoir étatique y est légitimé et sa fonction d'ordre re-connue. Pour le christianisme biblique, l'Etat existe parce que la nature humaine est universellement orientée vers le mal. Les deux grandes fonctions ontologiques de l'Etat consistent dès lors à protéger les individus contre leurs violences réciproques et contre les agressions extérieures. Notons que l'origine divine de l'institution étatique n'empêche nullement ses perversions.
Aujourd'hui, la notion même d'autorité étant discréditée, nos contemporains ont logiquement une conception contractuelle de l'Etat. Pour eux, l'Etat n'est légitimé que s'il accroît leur bien-être et va au devant de leurs désirs.
Comme les fonctions ontologiques de l'Etat sont vivement contestées, l'Etat ose de moins en moins interdire, réprimer et sanctionner les comportements pathologiques tout en étouffant la société par un corset de directives bureaucratiques.
Mais il faut voir que l'affaiblissement de la fonction d'interdiction de l'Etat nourrit sa fonction de réparateur des comportements pathologiques et donc son étendue. Sur le mode intimiste ou violent, les individus disent de plus en plus à l'Etat: "N'empêche plus la libre actualisation de tous nos désirs, mais bien plutôt, effaces-en les conséquences. Les Etats sont véritablement en train de devenir des effaceurs fatigués d'effets secondaires.
Les Etats sont ainsi simultanément faibles et étendus, gros et mous. C'est bien dans le double mouvement d'extension et d'affaiblissement de l'Etat que réside sa crise majeure.
L'évacuation de Dieu n'est pas pour rien dans l'extension croissante de l'Etat, et c'est avec pertinence que Louis Lavelle a pu écrire:
"Tout se passe comme si les hommes, au moment où la foi les abandonne, pensaient pouvoir attribuer à l'Etat la fonction providentielle que Dieu cesse pour eux d'assumer dans le monde". Jeanne Hersch perçoit elle aussi les ressorts profonds de l'extension de l'Etat avant d'aboutir à cette conclusion: "C'est tout juste si on ne demande pas à l'Etat d'arrêter le temps, de supprimer l'histoire, d'exclure toute souffrance, d'éliminer la mort. Et on lui demande bel et bien à la fois d'imposer les règles universelles de l'accord entre tous les hommes, et de respecter l'unicité de chaque exception, de chaque être singulier, chaque comportement marginal".
L'activité et la cohérence étatiques souffrent manifestement de ces contradictions.
Paradoxalement, en dépit de la mode ultra-libérale, la plupart des Etats européens gagnent en étendue. Durant ces dernières années, très peu d'entre eux ont enregistré une régression de leurs prélèvements obligatoires, lesquels continuent à dépasser 45 et même 50% dans de nombreux pays.
Ces propos ne doivent pas être interprétés dans le sens d'une mise en cause radicale de l'action sociale de l'Etat. Leur visée est de rendre compte des fondements de la crise de l'Etat.
La crise de l'Etat participe directement ou indirectement à au moins trois des quatre grandes causes de la grave crise des finances publiques qui affecte absolument tous les pays.
- La première cause est philosophique. Nous venons de l'invoquer. Trop d'individus et de catégories sociales revendiquent que l'Etat reste passif devant l'expression de toutes les formes pathologiques de leurs libertés, tout en exigeant de lui qu'il répare et supporte financièrement les multiples conséquences de l'usage perverti de ces libertés. Autrement dit, ces hommes et ces femmes exigent de l'Etat qu'il soit libéral face à h concrétisation de leur liberté instinctuelle, mais socialiste lorsqu'il s'agit de gommer les conséquences de leurs comportements pathologiques ou d'assurer leur sécurité matérielle.
- La deuxième cause est institutionnelle. Elle est liée au fonctionnement des régimes démocratiques et tient au fait que la majorité des contribuables attendent beaucoup de l'Etat, mais ne sont pas disposés à payer les impôts et taxes nécessaires pour couvrir toutes les dépenses étatiques. A l'ère de l'ultra-libéralisme, nombreux sont ceux qui souhaitent que les pouvoirs publics réduisent les dépenses, mais i1 ne veulent surtout pas que les coupes budgétaires interviennent dans les domaines qui les concernent directement. Un gouvernement occidental qui augmenterait les impôts pour couvrir l'intégralité de ses dépenses serait à coup sûr battu lors des prochaines élections générales. Cruelle contradiction de la nature humaine qui asphyxie les finances publiques.
- La troisième cause est structurelle. Elle est imputable à l'enchevêtrement des compétences politico-administratives, à la production d'actes administratifs superflus et aux réflexes corporatistes de certains titulaires de la fonction publique.
- La quatrième cause est conjoncturelle. Elle rend compte de la diminution des recette fiscales due à la récession économique.
En raison des critères de convergences imposés par le Traité de Maastricht, les pays membres de l'UE tentent tous de réduire leurs déficits publics à 3 % du PIB. Entre 1993 et 1996, ils sont parvenus à ramener ces déficits de 7 à 4,5%. Cette réduction n'empêche nullement l'aggravation de la dette publique. Elle ne fait que la freiner. et surtout, réduit sensiblement les marges de manœuvre des gouvernements européens, ce qui accroît leur impopularité.
Il y a aussi crise politique parce que les gouvernements et l'électorat se tiennent en esclavage mutuel, ce qui rend hypothétique une résolution véritable des problèmes qui se posent. A la suite de nombreux autres, le politologue Maurice Duverger affirme que presque tous les partis camouflent leurs objectifs réels pour attirer les électeurs. Les politiciens s'adressent souvent aux instincts et aux facultés émotionnelles plutôt qu'à la raison et au sens moral des électeurs. Mais n'en est-il pas ainsi parce que les masses sont plus réceptives à la première démarche qu'à la seconde ? Les partis au pouvoir utilisent parfois les finances publiques à des fins électorales. C'est blâmable. Mais que penser des électeurs qui récompensent ce procédé ? Le second comportement n'engendre-t-il pas le premier ? Les gouvernements suivent l'opinion plus qu'ils ne la forment. C'est peut-être une des définitions de la démocratie. Mais si ce régime ne se réduit qu'à cela, il est condamné. La recherche de l'intérêt général pâtit évidemment de cet esclavage mutuel des gouvernements, des partis politiques et des électeurs.
La politique est encore en crise parce que les consensus s'effritent en raison d'une extrême pluralité des intérêts et des opinions qui n'est plus transcendée par des valeurs et des références communes. Presque plus aucun gouvernement ne parvient à obtenir un accord général sur les grands axes de la politique à conduire. Tout cela entrave fortement la cohérence d'une politique gouvernementale.
Durant sa dernière campagne électorale, Jacques Chirac a mis en honneur le concept de pensée unique. Dans ce contexte, la pensée unique signifie qu'il n'y aurait pas d'autres politiques possibles que celles qui sont menées par la plupart des gouvernements européens, qu'ils soient de centre-gauche, de centre-droit ou du centre. La logique économique, la globalisation des marchés, la nécessité de redresser les finances publiques avec ou sans perspective d'entrer dans l'union monétaire le 1.1.1999, les nouvelles mentalités collectives, les progrès technologiques et la crise sociale constitueraient un réseau de contraintes tel qu'il n'est plus possible de gouverner autrement que ne le font Jacques Chirac, Helmut Kohl, Romano Prodi, Bill Clinton et les autres. Comme Mammon triomphe partout de César, les politiques conduites par la plupart des gouvernements se rapprochent de plus en plus, principalement en Europe. Comment voudrait-on que les électeurs européens les plus exposés à la crise généralisée placent encore leur confiance dans les partis et les gouvernements démocratiques quand en matière d'emploi, de chômage et d'insécurité, 11 ans de gouvernement socialiste en France aboutissent pratiquement au même résultat que 14 ans de mesures de centre-droit en Allemagne ou que plus de 20 ans de politique centriste en Italie ? Ces convergences au niveau de l'action étatique et de ses effets découragent indubitablement les nombreux électeurs mécontents et expliquent aussi bien le regain de l'abstentionnisme que celui du populisme et des votes protestataires d'extrême droite surtout, mais aussi parfois d'extrême-gauche.
Ajouter à cela que les gouvernements parviennent de moins en moins à maîtriser les défis auxquels ils sont confrontés, c'est expliquer assez facilement la perte de crédibilité dont sont victimes la plupart des gouvernements.
Parmi tous les fléaux qui ravagent nos sociétés, le chômage et l'insécurité sont certainement ceux qui taraudent le plus l'esprit des masses. Si les gouvernements ne parviennent pas à les endiguer, pas plus qu'à réduire la crise politique, l'évolution actuelle mènera rapidement au chaos, à la paralysie et à l'effondrement des institutions démocratiques et libérales. Les masses appelleront un "sauveur", un nouvel « homme fort ». L'Europe a déjà connu le scénario dans les années 1930 avec l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Si aucune inflexion notable ne vient modifier les trajectoires actuelles, le temps n'est peut-être plus très éloigné où l'on pourra dire de tous les pays ce que disait Machiavel de l'Italie de son époque: "à bout de souffle, elle attend celui qui pourra guérir ses blessures, ... la voilà prête à suivre un drapeau, pourvu qu'il se trouve quelqu'un qui veuille le saisir". Un chrétien perspicace dirait que les temps de l'Apocalypse sont proches.
Le thème général des Rencontres de Lavigny est intitulé "La Crise, chance ou fatalité ? «. La crise généralisée qui gangrène nos sociétés sera une chance à condition que les hommes et femmes de ce temps comprennent d'abord qu'elle est ultimement imputable à un système de valeurs erroné, à des comportements pathologiques et au rejet grandissant du judéo-christianisme, puis qu'ils en tirent la leçon salvatrice en acceptant de changer de mentalités et d'accompagner l'exercice de leurs libertés de sens des responsabilités et de solidarité à l'égard d'autrui.
En revanche, si ces mêmes hommes et femmes persistent à voir dans la crise le produit d'une quelconque malchance, de la globalisation des marchés ou d'une nécessité aveugle inscrite dans l'Histoire et s'ils s'obstinent à se débarrasser de toute culpabilité pour charger des boucs émissaires commodes de tous les fléaux de la société, la crise s'aggravera à un point tel que nous nous dirigerons vers une catastrophe majeure qui, dans un bruit assourdissant, retentira comme la résultante inéluctable et l'indicateur irréfutable de nos errements.
L'Ecriture affirme dans Gal. 6.5: « Ce qu'un homme aura semé il le moissonnera aussi ». Ce qu'une société sème, elle le moissonne aussi. Ce simple texte et son analogie sont absolument conformes au principe de causalité dans l'ordre moral, mais aussi sur le plan de la vie humaine.
Le Dieu de Jésus-Christ, par respect pour le libre-arbitre qui est le garant de la liberté et de la dignité humaine, place tous les êtres humains, toutes les sociétés et toutes les générations devant ce choix :
J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta postérité (Deutéronome. 30.19).
Puisse notre génération en crise choisir les chemins de la vie et du bien afin de survivre et de laisser à ses enfants un monde un peu meilleur qu'il n'est aujourd'hui.
J.P.G.
Source : http://www.bilbe-ouverte.ch
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| A la redécouverte du Dieu Créateur (le 16/12/2007 à 01h27) |
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A la redécouverte du Dieu Créateur
Frank HORTON
Dans le dernier numéro de Promesses, sous le titre "Les insensés pensent : «Dieu n'existe pas»", nous avons tracé le développement d'une pensée athée à partir du rationalisme du 17e siècle. et cherché à montrer comment, dans un mouvement de cause à effet, elle a contribué à l'émergence des idéologies du 20e siècle avec leur lot de «goulags» et de génocides. Nous avons évoqué certains maîtres à penser représentatifs de ce mouvement, dont en particulier Charles Darwin (matérialisme biologique), Karl Marx (matérialisme politico/économique), Friedrich Nietzsche (athéisme militant), et Sigmund Freud (matérialisme psychologique).
Nous avons conclu en proposant de «formuler une réponse chrétienne qui soit notre témoignage, approprié à notre génération». C'est ce que nous tâcherons de réaliser ici, du moins en partie, car le sujet est tellement vaste que nous serons obligés de limiter le cadre de nos réflexions à quelques problèmes soulevés par le Darwinisme, et de poser des jalons qui pourraient stimuler des recherches plus poussées de la part de nos lecteurs dans les domaines qui les intéressent.
Une question d'a priori
Dieu existe-t-il ? La science, limitée par définition et par compétence à l'examen des faits observables, et conduisant à l'élaboration d'hypothèses puis de théories, ne peut fournir des «preuves» de son existence, ni, d'ailleurs, la «disprouver» ! On a bien dit que «Dieu ne se prouve pas» (ce à quoi les chrétiens pourraient répondre : «C'est vrai, mais il s'éprouve»). Car la question appartient au domaine extra-scientifique, métaphysique, et doit être classée dans la catégorie des a priori (ou présuppositions), c'est-à-dire de ce qui est axiomatique, à des notions premières admises sans démonstration ou antérieures à toute expérience. Qu'on le reconnaisse ou non, tout raisonnement, tout débat, toute recherche, partent nécessairement d'un choix, peut-être inconscient, d'a priori.
Nous verrons ci-après que l'existence de Dieu – du Dieu Créateur – est le point de départ sine qua non de la foi chrétienne. Cependant, nous maintenons que l'idée de la «non-existence de Dieu» est aussi un acte de foi (ou de non-foi si l'on préfère) qui n'a rien de scientifique... mais qui ne manque pas d'audace ! Il faudrait, en effet, être doté d'omniscience et d'omniprésence – attributs divins – pour fouiller dans les derniers recoins de l'univers où Dieu pourrait se cacher avant d'oser l'affirmer.
A ce sujet il est intéressant d'évoquer une enquête entreprise avant la Deuxième Guerre Mondiale auprès des membres du «Fellowship of the Royal Society» en Grande-Bretagne, association à laquelle ne pouvaient accéder que des savants scientifiques dont les recherches avaient impressionné leurs pairs. Parmi les 200 réponses reçues à la question : «La science contredit-elle l'idée d'un Dieu personnel tel qu'enseigné par Jésus-Christ ?»
- 26 répondirent par l'affirmative,
- 103 dirent que non,
- et 71 évitèrent de se prononcer par oui ou non.
Plusieurs ajoutèrent en substance : «Le fait que je suis professeur de chimie [ou d'une autre discipline] ne me qualifie pas pour exprimer une opinion déterminante dans un domaine religieux, politique ou autre... pas plus qu'une autre personne non-scientifique mais raisonnablement instruite». (A. Rendle Short, Modern Discovery and the Bible, Inter-Varsity Fellowship, Londres, 1947; p. 11).
C'est, donc, au niveau des a priori que le dialogue entre chrétiens et leurs contemporains doit s'engager pour éviter les écueils cachés et rester valable.
Tester nos a priori
Puisque les a priori ne peuvent être prouvés, comment savoir si nous avons fait le bon choix ? Dans la suite de notre article nous proposons de les soumettre à deux tests :
Qu'est-ce qui a motivé notre choix ? Où, vers quels résultats nous conduit notre choix ?
1. Choix motivés
1.1. Parlant de l'attraction qu'exerce l'évolution sur l'homme naturel, Rick Lanser, que nous avons cité dans l'article précédent, dit que «celui-ci cherche constamment un chemin de détour autour de ce Dieu qui gène avec ses exigences morales (...)»; et de conclure : «L'évolutionnisme darwinien n'est, enfin, qu'une philosophie fondée sur [des a priori] religieux qui essaie, sans grand succès, d'interpréter les données à partir de prémisses purement naturalistes. Il est populaire, non pas en tant que bonne science, mais parce que, selon les mots de l'ultra-évolutionniste Richard Dawkins, il fournit les moyens d'être un «athée intellectuellement comblé». (Rick Lanser in Associates for Biblical Research Newsletter, jan/fév. 2000; p. 2).
Il s'agit là d'une accusation grave, que certains pourraient qualifier de procès d'intention. Mais est-elle fondée ? Nous avons dit plus haut en substance que la science a longtemps été définie comme une investigation objective qui découvre et teste les faits. Cependant une autre définition, implicite dans l'establishment scientifique, englobe une philosophie matérialiste qui limite les tentatives d'explication de tout ce que nous observons à des causes naturelles, et s'oppose d'emblée à toute mise en question de l'évolution naturaliste. La présupposition en est que seules les forces naturelles rendent possible le développement de toute vie sur la terre, et que notre tâche se réduit à discerner les détails du mécanisme. (Tandis que la science véritable part du principe du libre examen, ne se limite pas arbitrairement à des théories naturalistes, mais reste ouverte à toute explication rationnelle et suit les indices où qu'ils conduisent.)
Ainsi, le biologiste Richard Lewontin de l'Université de Harvard accepte la théorie classique de l'évolution parce que, écrit-il, «nous avons un engagement préalable au matérialisme», engagement, admet-il, qui n'est pas fondé sur la science, bien au contraire ! Il ajoute: «Nous sommes forcés, par notre adhésion a priori [!] à des causes matérielles, de créer un appareil d'investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérialistes (...). Ce matérialisme est absolu, car nous ne pouvons permettre qu'un pied divin se glisse dans la porte». (Cité par Nancy Pearson in We're not in Kansas Anymore, Christianity Today, 20 mai 2000; p. 45). Concession significative, en effet.
1.2. Qu'est-ce qui motive le choix du croyant en faveur de l'existence d'un Dieu Créateur, en l'absence de «preuves scientifiques» ? S'agit-il d'un élan irrationnel de ceux qui, selon Ludwig Feuerbach, projettent et objectifient la nature humaine pour en faire un être divin ? (Voir article précédant).
Nous répondrons que cette foi intuitive, profondément ancrée dans le cœur de l'homme et quasi-universelle dans le temps et l'espace, fait appel à des témoignages éloquents, adéquats pour les uns mais jamais assez convaincants pour les autres... selon leurs a priori. Nous en développerons deux :
- Témoignage de la création (appelée «révélation générale» par les théologiens). (1.2,1.)
- Témoignage de l'Ecriture («révélation spéciale»). (1.2.2.)
1.2.1. Témoignage de la création
Nous utilisons délibérément le mot «création», dans son sens le plus large, plutôt qu'«univers» ou «nature». Depuis quelques années un grand débat se poursuit à l'intérieur des milieux scientifiques autour d'un concept présenté par l'auteur William Dembski, entre autres, dans son livre Intelligent Design (dessin intelligent). Un philosophe d'autrefois avait dit qu'une horloge ne pouvait exister sans horloger ! Cet argument est repris à la lumière de découvertes récentes, surtout dans le domaine de la biologie moléculaire. Celle-ci reconnaît que la cellule vivante est une véritable usine en miniature, infiniment plus complexe que ce que Darwin pouvait imaginer. Les systèmes innombrables, variés mais synchronisés de la cellule agissent ensemble en harmonie comme autant de moteurs, pompes, ressorts, communicateurs et transporteurs, de telle manière qu'ils doivent tous être complets et en place avant de fonctionner. De plus, ils ne peuvent pas évoluer et fonctionner à travers d'innombrables stages intermédiaires, étape après étape, comme l'exige le Darwinisme. Cette structure incroyablement complexe, conforme à un modèle préconçu, est la marque du dessin intelligent.
De même, l'apparition de la théorie de l'information jette une lumière sur le code génétique, l'«ADN» : celle-ci a la même structure qu'un langage. L'origine de la vie doit, donc, être expliquée en termes d'information biologique, information qui ne saurait être créée par des forces matérielles, aveugles ! Darwin lui-même, à son époque, a reconnu l'évidence en faveur du dessin, mais l'a écartée [a priori !] en espérant montrer que les êtres vivants avaient seulement l'apparence du dessin, tout en étant le résultat du hasard et de la sélection naturelle, (Nancy Pearson, art. cit. in Christianity Today; p. 46), son but était d'exclure Dieu comme explication du dessin évident des organismes.
Ce témoignage de la création comporte d'autres aspects que nous devons nous contenter de mentionner brièvement :
Le dessein (avec un «e») intelligent, ou la notion de finalité.
En d'autres termes : pourquoi la création ? A quoi sert-elle? «Devant la vision de l'unité et de l'harmonie de la création qui s'impose à eux, de nombreux savants en viennent à remettre en honneur la notion de finalité longtemps abandonnée sous l'influence du rationalisme et du scientisme; la finalité leur apparaît non seulement comme une finalité interne immanente, une finalité de fait du domaine directe de la biologie, mais aussi comme une finalité externe à l'être vivant et à la création tout entière, une finalité transcendante qui, pour être essentiellement d'essence métaphysique, n'en correspond pas moins à une réalité. Or, la finalité, quels qu'en soient le niveau et la perspective, exclut l'idée de hasard et implique l'existence d'un Dieu qui a conçu et créé, et qui continue à diriger et à gouverner» (Art. sur la Création in Nouveau Dictionnaire Biblique, Editions Emmaüs, 1992; p. 296s).
Le «principe anthropique» de la cosmologie nous dit que l'univers tout entier, avec les milliers d'éléments qui le composent, est très exactement ajusté dans tous ses détails pour rendre la vie possible et la soutenir. L'astronome Fred Hoyle, pourtant athée, y voit l'implication «qu'un surintendant a bricolé avec les [propriétés] physiques» (Nancy Pearson, art. cit. : p, 47).
Ceux qui lisent l'anglais et désirent approfondir ces questions, pourraient consulter la liste d'ouvrages des plus intéressants, notamment de la plume de Phillip E. Johnson, publiés par les Groupes Bibliques Universitaires de l'Amérique du nord. (Inter-Varsity Press, P.O, Box 1400, Downers Grove, IL 60515, USA, www.ivpress.com).
1.2.2. Témoignage de l'Ecriture
Importance
Citons un extrait de l'ouvrage de J. M. Nicole : «Le schéma classique de la destinée humaine d'après la Bible se résume en trois mots : création, chute, rédemption. Avec raison, nous avons tendance à majorer le troisième, qui constitue le centre de l'Evangile. Mais nous avons tort de ne pas prêter attention autant que nous le devrions au premier.
«Si nous ouvrons l'Ecriture, dès le début nous sommes mis en présence, et cela majestueusement, du Dieu créateur. On aurait pu imaginer une autre entrée en matière. C'est celle-là que le Saint-Esprit a choisie pour notre édification. Tout au long de l'Ancien Testament, les prophètes et les psalmistes reviennent sur ce thème (...).
«Lorsque les apôtres évangélisaient les païens, ils ne se bornaient pas à parler du péché et du salut, ils prenaient soin aussi de poser à la base de leur enseignement le fait de la création (...). Dans les moments difficiles qu'ils traversaient, les premiers chrétiens trouvaient force et consolation à la pensée qu'ils s'adressaient au Créateur de l'univers, et c'est lui qu'exaltent les cantiques célestes de l'Apocalypse (...) ». (J. M. Nicole, Précis de doctrine chrétienne, Editions Institut Biblique de Nogent-s/Marne, 1983; p. 63s).
Bref survol biblique
La doctrine biblique de la création ne doit pas être confondue avec une quelconque hypothèse scientifique des origines, car son but est éthique et religieux, tout en étant présentée comme une réalité historique. Loin d'être confinée aux premiers chapitres de la Genèse, cette doctrine est invoquée dans un nombre étonnant de textes, tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau. En voici quelques exemples, à titre indicatif: Néh 9.6; Job 38.4ss; Ps 8; 19.1-7; 33.6-9; 90.2; 102.26-28; 104; Es 40.26,28; 42.5; 45.18; Jér 10.12-16; Amos 4.13; Mat 18.4; Jean 1.1ss; Act 17.24; Rom 1.20,25; 4.17; 2 Cor 4.6; Col 1.16-17; Héb 2; 11.3; 1 Pi 4.19; Apoc 4.11; 10.6; 14.6-7.
Héb 11.3 fournit un bon point de départ pour considérer la doctrine : «C'est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qu'on voit ne provient pas de ce qui est visible.» Cela veut dire que, à l'instar de l'auteur de la Genèse – et de Jésus-Christ (Mat 18.4) ! – nous partons de l'a priori, non seulement que Dieu existe, mais qu'il a créé toutes choses ex nihilo. En d'autres termes, la doctrine biblique de la création est fondée sur la révélation divine, tout comme le mystère de la rédemption, et ne peut être saisie et acceptée que par la foi.
De plus, l'œuvre de la création est attribuée tour à tour aux trois personnes de la Trinité : au Père (Gen 1.1; Ps 33.6; Es 44.24), au Fils (Jean 1.3; Col 1.16), et au Saint-Esprit (Gen 1.2; Job 26.13), en tant qu'œuvre une et indivisible du Dieu trinitaire. Loin d'être un acte nécessaire ou inévitable, la création doit être comprise comme le fruit d'une initiative libre de Dieu, déterminée par sa volonté souveraine. Ainsi Dieu peut être à la fois le Seigneur transcendant, distinct de sa création, et immanent, Dieu de la providence dont dépend la création pour son existence continue. Le rôle de cette création est de manifester la gloire de la puissance éternelle, de la sagesse et de la bonté du Créateur, bref d'être, comme le dit Calvin, «le théâtre de sa gloire». (Art. sur la création in The New Bible Dictionary, Inter-Varsity Fellowship, Londres, 1967; p. 269s).
En parfait accord avec l'Ancien Testament, le Nouveau Testament tout entier assume ou affirme la création du monde par Dieu et sa dépendance absolue de lui. Cette création, ainsi que les corollaires de grâce et de liberté, sont les axiomes [a priori – ndlr] sur lesquels toute la vérité biblique est érigée. (The Expositor's Bible Commentary, Zondervan, 1978, Vol. 1; p. 46).
Portée de la doctrine
Le grand théologien Alfred Edersheim, juif messianique, insiste sur la portée de la doctrine de la création : «Quatre grandes vérités, touchant à l'ensemble de la révélation, nous viennent du récit biblique le plus ancien, comme le fleuve, divisé en quatre bras qui sortaient du jardin d'Eden :
- la création de toutes choses par la puissance de la parole de Dieu;
- la descendance de toute l'humanité de nos parents communs, Adam et Eve;
- notre solidarité avec Adam, tête de la race humaine, dans le péché et la chute;
- la promesse d'un second Adam, sans péché, qui par ses souffrances nous délivrerait des conséquences de la chute, et deviendrait l'Auteur d'un salut éternel pour tous ceux qui croiraient en lui». (Alfred Edersheim, Bible History, Old Testament, Hendricksen, 1998; p. 11).
«De toutes les oeuvres créées par Dieu», ajoute Edersheim, «l'homme seul a été créé «à son image, selon sa ressemblance» (Gen 1.26). Cette expression met en relief, non seulement l'intelligence conférée par Dieu et l'immortalité qu'il lui a accordée, mais aussi la nature parfaite, morale et spirituelle, que l'homme possédait au commencement.»
J. M. Boice développe ce thème, en détaillant les attributs que possède l'homme créé à l'image de Dieu :
- personnalité : connaissance, vie affective, volonté;
- moralité : liberté, conscience, responsabilité;
- spiritualité : potentiel de communion avec Dieu (J. M. Boice : Le Dieu Souverain - Editions Emmaüs - 1981 - Page 179 et suivantes).
2. Vers quel résultat nous conduit notre choix ?
2.1. «Dieu n'existe pas !»
L'hédonisme inconscient : «Mangeons, buvons, amusons-nous, car demain nous mourrons !»
L'angoisse : «Jean Rostand (1894-1977) tout au long de sa vie s'est interrogé sur son athéisme, reconnaissant qu'il n'était «ni satisfait ni apaisé, obsédé» qu'il était, «sinon par Dieu, du moins par le non-Dieu». (4 Art. cit. in Nouveau Dictionnaire Biblique, p. 297).
Le désespoir : «Le monde est absurde, la vie n'a pas de sens : inutile de se poser des questions pour lesquelles il n'y a pas de réponse. Il ne nous reste qu'à reconnaître notre désespoir, à l'accepter et à apprendre à vivre avec lui.»
2.2. Dieu existe !
«Celui qui s'approche de Dieu doit croire qu'il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent» (Hébreux 11.6b).
A vous, cher lecteur, de faire votre choix, et de suivre jusqu'à sa destination inévitable, le chemin dans lequel vous vous engagez»
F.H.
Source : http://www.bible-ouverte.ch
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| "Dieu n'existe pas !" (le 15/12/2007 à 09h14) |
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« …Dieu n’existe pas ! »
Les insensés pensent: «Dieu n'existe pas» Ils sont corrompus, leurs actions sont dégradantes, aucun n'agit bien.
Psaume 14.1; Bible du Semeur Frank HORTON
Dans ce tableau terrible de la nature humaine, écrit W. G. Scroggie, (The Psalms, vol. 1. p.98) il est question, moins d'un athéisme formulé, philosophique, que d'un athéisme pratique, d'une perversité morale.
Est athée, écrit-il, celui qui exclut Dieu de ses calculs et qui ordonne sa vie sans tenir compte des droits et des exigences divins. Toutefois, nous constatons que la pensée détermine le caractère et inspire le comportement, car l'homme «est tel que sont les arrière-pensées de son âme» (Proverbes 23.7a). La pensée et l'acte sont indissociables. Tout homme qui agit de la sorte est qualifié d'insensé par le Seigneur, et le chemin dans lequel il s'engage conduit à la catastrophe... et au jugement.
Un regard en arrière
Nous venons de quitter un siècle jalonné d'horreurs. Quel chiffre donner, en dizaines de millions, au nombre de victimes des guerres, des massacres et autres génocides pendant le 20e siècle ? Comment expliquer cette inqualifiable inhumanité de l'homme envers son prochain ? Qu'est-ce qui a inspiré les goulags, les camps de concentration, les pogroms, «l'holocauste», le terrorisme ? Pouvons-nous en tirer des conclusions qui seraient utiles pour notre propre cheminement ?
Nous allons essayer de poser des jalons de réponses à ces questions en retraçant dans quelques grandes lignes le développement de la philosophie athée au travers de ces derniers siècles. Au risque de trop simplifier, nous serons obligés de résumer, de survoler, de choisir des exemples représentatifs pour illustrer nos propos. Dans un article ultérieur nous tâcherons de formuler une réponse chrétienne aux problèmes évoqués.
Au 17 siècle : extension du rationalisme
Un mouvement de pensée émerge au 17e siècle, le Rationalisme, qui n'est pas, au départ, une approche explicitement athée. Les rationalistes des 17e et 18e siècles ont développé des systèmes marqués par une grande diversité, mais fondés sur une prémisse commune : la rationalité de l'univers et le pouvoir de la raison de le saisir. Déjà les Réformateurs du 16e siècle avaient pris comme point de départ – rationnel – l'action de Dieu en Christ de laquelle témoignait la Sainte Ecriture. Mais d'autres, sans être forcément irréligieux, appliquaient la logique à leur étude de la structure rationnelle de l'univers; puisque toutes choses pouvaient être jugées à la lumière de la raison, celle-ci finissait, pour certains, par évacuer le surnaturel pour ne laisser que la nature et ce qu'ils pouvaient déduire en l'examinant. Libre à chacun d'assigner à Dieu dans son schéma le rôle qu'on voulait bien lui accorder. On peut citer comme exemples Descartes (1596-1650), Spinoza (1632-1677), et Leibnitz (1646-1716). (Colin Brown, Philosophy and the Christian Faith, Tyndale Press, Londres, 1959; p. 48ss).
Au 18 siècle : le «siècle des Lumières» met la Révélation biblique sous le boisseau
Dans le contexte d'un mouvement, devenu mondial, vers le rationalisme hérité du 17e siècle, la pensée du 18e siècle se raffine, et combine l'opposition à la religion surnaturelle avec la confiance en la toute-suffisance de la raison humaine, motivées par l'ardent désir de promouvoir le bonheur des hommes dans cette vie. La plupart de ses représentants rejettent le dogme chrétien; ils affichent leur hostilité au catholicisme ainsi qu'à l'orthodoxie protestante, qu'ils considèrent comme des barrières à l'utilisation des facultés rationnelles humaines. Leur confiance inébranlable en la bonté de l'homme les rend aveugles à la réalité du péché, et produit un optimisme facile : il suffit de reconnaître les principes de la raison éclairée pour annoncer le progrès et la perfectibilité de la société humaine (The Oxford Dictionary of the Christian Church, Oxford University Press, Londres, 1958; p, 105). Nous citerons deux exemples parmi les représentants de ce courant de pensée.
Jean-Jacques Rousseau (1712- 1778). Sans abandonner la religion, il popularise la nature, et cède à un parti pris qui subsistera aux 19e et 20e siècle : une conception naïve, optimiste, du caractère de l'homme, combinée au refus de prendre au sérieux la Révélation chrétienne. (Colin Brown, op. cit., p. 81).
Emmanuel Kant (1724-1804). Sa pensée représente le point culminant du rationalisme du 18e siècle. Kant rejette les preuves traditionnelles de l'existence de Dieu. L'homme devenu adulte doit se débarrasser de toute pseudo-autorité externe, et faire ce que lui dicte sa raison, car il n'a plus besoin de Dieu comme conseiller céleste. Il faut libérer le christianisme de sa foi en un Dieu surnaturel qui intervient dans les affaires humaines, et mettre à sa place la notion d'un Créateur impersonnel qui ne s'intéresse plus au monde. Une religion d'auto-suffisance doit remplacer l'idée de la grâce de Dieu qui mène au salut. (Colin Brown, op. cit., p. 90).
Au 19e siècle : l'athéisme étend ses racines
Le 19e siècle, époque de foi et d'incrédulité, fut témoin, d'une part, de l'expansion missionnaire et de réveils, et, d'autre part, d'un nombre grandissant de voix clamant haut et fort que les fidèles sont captifs d'illusions. Nombre de philosophes partageaient le désir de réinterpréter le christianisme à la lumière des connaissances qu'ils estimaient vraiment modernes. Dans l'opinion publique, les savants scientifiques expliquaient de mieux en mieux le fonctionnement de l'univers, laissant de moins en moins de place à Dieu. Pour certains, le renversement définitif de Dieu allait ouvrir la voie à des philosophies athées ou agnostiques dignes de prendre sa place. (Colin Brown, op. cit., p. 107).
- Athéisme : refus de croire en l'existence de Dieu.
- Agnosticisme : le doute quant à la possibilité de savoir si Dieu existe ou non.
Ludwig Feuerbach (1804-1872). Ce philosophe allemand exerce une influence déterminante sur certains de ses contemporains et successeurs, par un matérialisme qui réduit à néant la dimension spirituelle. Selon lui, dans la religion l'homme purifie, pro- jette et objectifie sa propre nature pour en faire et contempler un être divin distinct. «La théologie n'est rien d'autre que l'anthropologie; la connaissance de Dieu n'est rien d'autre que la connaissance de l'homme» (L. Feuerbach, The Essence of Christianity, 1841; p. 14).
Charles Darwin (1809-1882) : le matérialisme biologique.
Dans son livre célèbre, L'origine des espèces (1859), Darwin combine et développe deux idées maîtresses. La première, ancienne, postule le développement graduel de la vie au cours de millions d'années à partir d'un ancêtre commun. La seconde, nouvelle, parle de «sélection naturelle» par la concurrence et la survivance des plus forts. Ainsi est promulguée l'hypothèse d'une sélection fondée sur des variations aléatoires et la lutte pour la survivance. Toutes les caractéristiques humaines – physiques, mentales et morales – auraient leur explication dans une modification progressive de nos ancêtres anthropoïdes, et tomberaient, par conséquent, dans le domaine de la loi naturelle, du hasard. L'évolutionnisme déborde du cadre biologique et devient le tremplin pour des philosophies évolutionnistes sociologique, morale et éthique. (Charles Hummel, The Galileo Connection, IV Press, 1986; p.. 227ss).
Notre but ici n'est pas d'entrer dans un débat d'ordre scientifique (pour lequel nous serions incompétents), car notre querelle avec Darwin se situe sur le plan théologique. L'agnosticisme de Darwin devient plus évident dans ses déclarations postérieures au livre mentionné plus haut. Pourquoi Darwin figure-t-il parmi les cinq hommes qui, selon un sondage fait en décembre 1999, ont exercé le plus d'influence sur l'humanité pendant les 1000 dernières années ? «Je crois, dit Rick Lanser, qu'il s'agit de l'attraction qu'exerce l'évolution sur l'homme naturel, car celui-ci cherche constamment à contourner ce Dieu qui gêne avec ses exigences morales (...). Je pense que nous verrons bientôt la macroévolution (apparition de nouvelles espèces par voie de mutation) darwinienne dirigée vers la décharge des idées abandonnées. De nouvelles découvertes en biochimie et d'autres sciences «dures», combinées avec des études statistiques, feront la démonstration définitive que les changements provoqués par des mutations sont impossibles (...). L'évolutionnisme darwinien n'est, enfin, qu'une philosophie fondée sur des a priori religieux qui essaie, sans grand succès, d'interpréter les données à partir de prémisses purement naturalistes. Il est populaire, non pas en tant que bonne science, mais parce que, selon les mots de l'ultra-évolutionniste Richard Dawkins, il fournit les moyens d'être un «athée intellectuellement comblé». (Rick Lanser in Associates for Biblical Research Newsletter, jan/fév. 2000; p, 2).
Nous reviendrons ci-après sur l'influence que le Darwinisme a exercée sur d'autres maîtres à penser.
Karl Marx (1818-1883) : «matérialisme dialectique» politico-économique.
En 1843 Marx avait déjà formulé le programme auquel il resterait désormais fidèle. «L'abolition de la religion, écrit-il, en tant que bonheur illusoire de l'homme, est indispensable pour son bonheur véritable». Marx voit en Feuerbach le fondateur du matérialisme authentique et de la science positive, en ce qu'il avait fait de la relation d'homme à homme le principe fondamental de sa théorie. Et de dénoncer la religion comme ennemie de tout progrès; le vide laissé par sa disparition doit être rempli par un matérialisme dynamique modelé sur la dialectique de Hegel. Le mariage du matérialisme avec la tension dialectique s'appelle «matérialisme dialectique» : sa façon d'étudier les phénomènes de la nature est dialectique, alternant entre thèse et antithèse pour aboutir à une synthèse, tandis que son interprétation de ces phénomènes est matérialiste, dénuée de la dimension spirituelle. A ce sujet Bertrand Russell, lui-même athée, commente : «Marx se déclare athée, et pourtant il garde un optimisme que seul le théisme pourrait justifier. D'une manière générale, tous les éléments dérivés de Hegel sont non-scientifiques, dans ce sens qu'il n'y a aucune raison de les supposer vrais»
Karl Marx, fervent admirateur de Charles Darwin, trouve utile la loi darwinienne de la compétition. Ayant lu L'origine des espèces en 1860, il commenta : «Le livre de Darwin est très important, et me sert de base comme science naturelle pour soutenir la lutte historique». Ainsi l'évolution apporte sa contribution à la doctrine communiste, selon le rôle que Marx choisit de lui assigner.
Friedrich Nietzsche (1844-1900) : athéisme militant.
Adversaire acharné de la religion, il est fêté comme le fondateur de l'école de la «Mort de Dieu». Son point de départ est la non-existence de Dieu. L'homme est, par conséquent, laissé à lui-même pour déterminer l'orientation de sa vie, puis se débrouiller seul. Nietzsche n'a que du mépris pour ceux qui rejettent l'idée chrétienne de Dieu, mais cherchent à récupérer la morale chrétienne. Il faut tout balayer, dit-il, et recommencer à partir de zéro pour que chacun distingue par sa propre volonté entre le bien et le mal. Les torrents de diatribe amère émis par cet homme, malade toute sa vie et mort aliéné, ont eu une influence incalculable sur nombre d'écrivains, de poètes et de philosophes européens. Il est à noter surtout que Nietzsche fut adopté comme le philosophe attitré du National Socialisme, et reconnu pour être l'athée le plus conséquent du 19e siècle.
Sigmund Freud (1856-1939) : le matérialisme psychologique.
Freud choisit la science naturelle comme point de départ, et enracine sa théorie dans les sciences biologiques et leurs méthodes de recherche. En d'autres termes, il opère dans un système fermé de cause à effet, dans lequel les lois biologiques et physiques de la nature déterminent tous les aspects de l'existence humaine. Il maintient, donc, que l'évolution de l'homme à partir d'animaux inférieurs, l'émergence des croyances religieuses et l'essor de la civilisation, ainsi que le développement de chaque personnalité individuelle, sont assujettis à des lois naturelles inexorables (Roger Hurding, Roots and Shoots, Hodder R Stoughton, Londres, 1985; p. 73.).
Au 20e siècle : qui sème le vent moissonne l'ouragan
Dans la mosaïque de textes tirés de l'Ancien Testament construite par Paul pour décrire les hommes sans Dieu, il dit, entre autres : «Leur bouche est pleine d'aigres malédictions. Leurs pieds sont agiles quand il s'agit de verser le sang. La destruction et le malheur jalonnent leur parcours. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix. A leurs yeux, respecter Dieu n'a aucun sens» (Romains 3.14-18; Bible du Semeur).
Peut-on trouver un tableau plus percutant de ceux qui, au cours du 20e siècle, ont adopté et mis à exécution l'athéisme militant hérité des maîtres à penser, leurs prédécesseurs ? Dieu est évacué de la scène; l'homme, accident de la nature ou résultat de lois naturelles aveugles, n'est plus créé à l'image de Dieu. Il perd, par conséquent, son identité unique, sa dignité et sa valeur, et peut être supprimé selon les caprices de quiconque exerce le pouvoir absolu et en abuse. Les Hitler et autres Staline pouvaient formuler leur propre système éthique et supprimer quelques millions de leurs contemporains sans craindre d'avoir des comptes à rendre à un quelconque Etre suprême. Il nous paraît donc évident que les événements tragiques du 20e siècle ont été inspirés par l'influence diabolique de Darwin, Marx, Freud et leurs compères. Ainsi que nous l'avons déjà dit, notre querelle avec eux ne se situe ni sur le plan biologique, ni sur les plans politique ou psychologique, mais bel et bien avec leurs a priori théologiques; notre point de départ à nous est la conviction que Dieu est – Créateur, Rédempteur et Juge – et qu'un jour tous les hommes se tiendront devant lui pour rendre compte de leurs actions sur la terre.
La lecture de cet article n'aura peut-être pas été des plus faciles, mais n'avons-nous pas besoin de courage et de discernement pour voir en face les réalités du 20e siècle, et formuler une réponse chrétienne qui soit notre témoignage, approprié à notre génération ?
Nous espérons, Dieu voulant, consacrer un nouvel article à cette question.
F. H.
Source : http://www.bible-ouverte.ch
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| L'existence de Dieu (le 11/12/2007 à 00h58) |
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L'EXISTENCE DE DIEU
Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'oeil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages… (Romains 1:20).
1. La Grande Foi des Evolutionnistes
Dieu ne cherche pas à prouver son existence, Il l'affirme. L'existence même de la nature est une preuve suffisante de la création. Le système solaire, par exemple, fonctionne selon des lois physiques très précises avec une régularité prodigieuse.
En aucun cas ces lois n'ont pu se créer toutes seules après ce que les astronomes appellent l'explosion du "Big bang". Les évidences de l’existence de Dieu sont absolument lumineuses. Denis Diderot, philosophe français, écrivit: «L'aile d'un papillon ou l'oeil d'un moustique suffisent pour confondre tous ceux qui nieraient l'existence de Dieu.»
Les savants qui veulent tenir Dieu à l'écart de l’origine de l’univers, ne font que repousser la question, car d'où viennent les gaz, d'où vient la gigantesque quantité de matière concentrée qui sert de point de départ à cette explosion ?
Toutes les galaxies seraient-elles nées par une explosion ? A t-on jamais vu une explosion se transformer en un système ordonné complexe ? Si oui il faut des lois physiques comme par exemple la force de gravitation, d'où viennent ces lois ? D'où peut venir la première cellule vivante ?
Cette même science humaine, qui affirmait autrefois avec assurance que l'univers avait toujours existé, a découvert des lois physiques qui prouvent le contraire. Parler de Big Bang pour expliquer l'existence de l'univers et la formation des galaxies, n'est pas une réponse satisfaisante parce qu'elle n'est pas suffisante. Parler de matière qui évolue ou de cellules en mutation, n'est pas une réponse satisfaisante non plus. Le savant ne peut pas répondre aux questions sur les origines s'il ne croit pas au Créateur, du reste il n'est compétent que pour observer la création existante et non pas pour faire des suppositions sur les origines de l'univers. Il n'y avait pas de témoin humain au moment où Dieu créa l'univers, cela ne veut pas dire qu'il ne peut pas l'avoir fait. Certains témoignages de savants réputés montrent que la science est loin d'être unanime sur la non-existence de Dieu.
Voici ce qu'affirme le professeur Alfred Kastler, physicien, et prix Nobel:
"L'idée que le monde, l'univers matériel, s'est créé tout seul me paraît absurde. Je ne conçois le monde qu'avec un créateur, donc un Dieu. Pour un physicien un seul atome est si compliqué, si riche d'intelligence, que l'univers matérialiste n'a pas de sens"(Le Point 9/4/90 page 120).
Citons encore les propos de l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan, lors d'un interview au journal La Vie:
“L'univers est réglé avec une extrême précision. Il faut un peu plus d'une dizaine de nombres pour le décrire. Ceux de la force de gravitation, de la vitesse de la lumière, celui qui dicte la taille des atomes, leur masse etc. Or il suffirait que l'un de ces nombres soit différent pour que tout l'univers - et nous par conséquent - n'existe pas. Une horlogerie très délicate, car, à quelques décimales près rien ne se passe, et l'univers est stérile… Ce concours de circonstances est trop extraordinaire pour que le hasard en soit seul responsable“.
Le monde de la science est donc divisé sur le sujet, et il faut beaucoup de foi au savant évolutionniste pour rester fidèle à sa théorie. En fait on ne peut pas connaître l'origine de l'univers par les seules observations de la science. Tout l’édifice de la théorie de l’évolution repose sur les « milliards d’années ». Tout ce qui ne peut pas s’être fait tout seul devient possible, selon les évolutionnistes, si vous prononcez les mots magiques : « milliards d’années ». Avec ces mots là vous pouvez intégrer tout ce qu’il faut pour arriver à un univers aussi complexe que le notre. Qui sait ce qui peut arriver avec un tas de boue si vous le laissez là pendant des « milliards d’années », de toute façon les personnes vivantes aujourd’hui ne seront pas là pour observer ce qui va se passer, et vous ne pourrez toujours pas expliquer l'origine de cette boue ni celle de la vie qui est à l’intérieur si vous ne croyez pas au Créateur. Une chose est cependant possible, vous pourriez écrire un roman pseudo scientifique sur un nouveau monde, mettez y la quantité nécessaire de boue, beaucoup d’imagination, et surtout n’oubliez pas les « milliards d’années » pour que cela devienne un peu plus crédible !
Cependant présentez votre ouvrage comme un roman ou précisez bien que ce sont des suppositions. Charles Darwin, par exemple, écrivant "L’origine des espèces", utilisa les mots «nous pouvons supposer…» plus de huit cents fois.
Et oui, même pour l'évolutionniste, c'est une question de foi !
Pour connaître l'origine, il faut la révélation du Dieu créateur. L'homme n'était pas présent pour observer ; seul Dieu est témoin de l'acte de création, et son témoignage a été transmis par Moïse, il a été conservé précieusement et il est maintenant dans la Bible. L'assurance que nous donne la Bible se trouve dans cette expression qui revient plus de 3500 fois: "Ainsi parle l'Eternel".
2. Le Postulat De La Création
Le postulat de la création par Dieu c'est d'abord une déclaration :
- Genèse 1:1 affirme que Dieu a créé l'univers ;
- Genèse 1:2 à 2:3 décrit le déroulement de la création de l'univers ;
- Genèse 2:4 à 2:25 développe davantage la création de l'homme.
Le postulat de la création par Dieu conduit à plusieurs réfutations :
- C’est une réfutation de l'Athéisme : il y a un Dieu ;
- C’est une réfutation du Polythéisme : il y a un seul Dieu ;
- C’est une réfutation de la théorie de l'évolution : Dieu a créé toutes choses :
- La théorie n'est toujours pas prouvée scientifiquement. ;
- Il manque des ascendants, des êtres intermédiaires qui auraient dû exister par millions (par exemple entre le singe et l'homme) ;
- Il y a beaucoup d'incohérences et de désaccords entre les savants eux-mêmes au sujet de cette théorie qui n'est populaire qu'à cause du rejet de Dieu par le plus grand nombre.
C’est une réfutation de l'Agnosticisme : on peut connaître Dieu dans la mesure où il veut bien se révéler. Dans le premier chapitre de la Genèse, il parle, il voit, il appelle et bénit l'homme. Dans le Nouveau Testament il se révèle en la personne de Jésus-Christ ;
C’est une réfutation du Panthéisme : Dieu se distingue de sa création ;
C’est une réfutation du Matérialisme : il y a un commencement à la création :
- Les lois de la thermodynamique confirment qu'il y a bien eu un commencement.
- Les matérialistes athées qui pendant longtemps ont cru avoir la science de leur coté, disant que l'univers n'avait jamais eu de commencement, sont maintenant obligés par cette même science d'admettre qu'il y a bien eu un commencement d'une façon ou d'une autre.
C’est une réfutation du Fatalisme : la création a une raison d'être. Dieu a parlé, Il a condamné le mal et a montré un moyen de réconciliation avec Lui-même. Ce plan est révélé progressivement est à travers les époques et il se trouve dans les Saintes Ecritures.
Dès la chute de l'homme Dieu a institué le sacrifice expiatoire des animaux jusqu'au sacrifice de son Fils sur la croix du calvaire au mont Golgotha. Depuis ce moment, les sacrifices d'animaux sont devenus inutiles puisque le sacrifice de Christ les a remplacés une fois pour toutes. Aujourd'hui tout homme est sauvé en s'approchant de Dieu par la foi au sacrifice de son Fils. On est ainsi sauvé par la grâce de Dieu dès lors que l'on se reconnaît pécheur et perdu. Il faut alors se repentir de toute mauvaise voie et suivre Jésus qui est mort pour nos péchés et qui est ressuscité trois jours après. Il est vivant et intercède pour nous auprès de Dieu. Il a promis qu'il reviendra pour nous prendre avec Lui dans la présence de Dieu, et nous serons avec Lui pour l'éternité.
La capacité de l'homme à vivre sur Terre dans un bonheur complet, englobant tous les aspects de sa personne: l'esprit, l'âme et le corps, quelles que soient les circonstances extérieures, commence quand il est disposé à admettre et à respecter le concept et la réalité de Dieu. Un verset des Ecritures, Proverbes 9:10, nous fournit une base biblique pour cette prémisse: «Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l'Eternel; et la science des saints, c'est l'intelligence.»
Ce que la Bible appelle «la crainte du Seigneur» est un profond respect pour la personne de Dieu, et va entraîner un respect authentique pour la créature faite à l’image de Dieu : l’homme.
3. Preuves ou foi ?
Nous devons d'abord reconnaître la réalité de Dieu. Cela paraît chose facile mais, pour certains, le pas semble impossible. Ils cherchent, par méprise, la preuve de l'existence de Dieu, mais Dieu la leur cache intentionnellement afin de protéger leur libre choix dans cette question importante que nous appelons «croire». La foi est, donc, vraiment davantage une décision de la volonté qu'une émotion. Nous devons choisir de croire, et, jusqu'à ce que nous choisissions de croire, la foi ne peut pas grandir. La Bible dit:
«Sans la foi il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent» (Hébreux 11:6).
Dans un sens réel, la Bible n'essaie jamais de prouver l'existence de Dieu. De fait, la qualité même de la foi nécessaire pour développer la croissance spirituelle d'un croyant ne servirait à rien si l'existence de Dieu pouvait être prouvée catégoriquement aux yeux des profanes. La foi est une condition préalable absolue.
Ceci ne veut pas dire qu'on manque de certitude concernant l'existence de Dieu. Au contraire, l'univers est rempli de ces évidences qui établissent l'existence du Seigneur.
La façon dont la Bible aborde la réalité de Dieu est simple. L'école d'apologie du psalmiste commence et se termine avec ces quelques mots: «L'insensé dit en son coeur: il n'y a point de Dieu!» (Psaume 53:2).
Les évidences accessibles à ceux qui choisiraient de les rechercher sont généralement classées en deux catégories:
- Les évidences internes à la foi chrétienne concernent aussi bien celles qui se situent dans le contexte des Ecritures que l'expérience personnelle du chrétien ;
- Les évidences externes concernent ce qui est au-delà du contexte des Ecritures, notamment dans les domaines relatifs à la création visible qui nous entoure, ainsi que les témoignages de la science naturelle.
3.1. Les évidences internes
Les mots «évidences internes» se rapportent à celles qui existent dans le cadre de la foi chrétienne. La plus importante de celles-ci est incontestablement le caractère exceptionnel des Ecritures.
Il est difficile de nier que la Bible est la compilation de révélations littéraires la plus exceptionnelle, voire insolite, de l'Histoire du monde. Considérons les faits.
Plus de quarante auteurs, ayant diverses occupations dans la vie, contribuèrent à compiler soixante-six livres distincts: Moïse était un prince; David, un roi; Esaïe était un érudit; Ezéchiel, un sacrificateur; Néhémie, un homme politique; Pierre était un pêcheur; Paul fabriquait des tentes; Matthieu était un percepteur d'impôt et Luc, un médecin. Même un berger, Amos, fut l'auteur d'un des livres de la Bible.
Considérons, par ailleurs, que ces auteurs écrivirent pendant une période de mille cinq cents ans, pendant laquelle beaucoup d'entre eux ne connurent jamais l'existence des autres. Cependant, la Bible fait preuve d'une continuité, d'une unité d'esprit incroyable et d'une autorité surnaturelle. Il n'est guère étonnant qu'en parlant de Jésus, Matthieu ait pu dire:
«Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes» (Matthieu 7:28-29).
Comparons l'autorité avec laquelle Jésus parla à ces écrivains avec le point de vue séculier de celui qui tenterait de rechercher l'origine de l'homme en dehors de Dieu comme Charles Darwin, qui en écrivant « L’origine des espèces », utilisa les mots «nous pouvons supposer…» plus de huit cents fois comme nous l'avons déjà mentionné. Revoyons les quatre mots qui montrent ce que Matthieu pensait des enseignements de Jésus: «Comme cela est arrivé…»!
On découvre à maintes reprises, à travers les pages de l'Ancien et du Nouveau Testaments, cette locution de quatre mots. En effet, la Parole de Dieu est un livre d'événements qui sont arrivés réellement. C'est vivant. C'est un livre de réalités. Beaucoup d'homme reconnaissent non seulement l'existence de Dieu, mais affirment avoir rencontré le Créateur au travers d'une expérience personnelle avec Jésus-Christ, Son Fils. Le fait même qu'en moyenne 70 000 personnes dans le monde entier acceptent Jésus-Christ comme leur Sauveur personnel chaque jour (selon les statistiques missionnaires officielles), nous démontre que quelque chose de très réel se passe. Ce n'est certainement pas de l'hystérie collective.
Des témoignages de conversions insolites et dramatiques ont surgi ces derniers temps de la part de gens que l'on croyait tout à fait endurcis envers l'Evangile de Jésus-Christ. Certaines de ces personnes s'étaient parfois moquées publiquement de l'existence même de Dieu. William Murray, fils de Madalyne Murray O'Hair, l'athée la plus avouée d'Amérique, a non seulement dénoncé les concepts de l'athéisme auxquels il avait adhéré en tant qu'adolescent, mais il est réellement devenu un chrétien «né de nouveau».
Les témoignages semblables à celui de Bill Murray sont fréquents et continuent à révéler le fait que Jésus-Christ change vraiment les vies. Il y a un Dieu, et Il a communiqué avec l'homme.
3.2. Les évidences externes
Chaque lever du soleil (et chaque coucher du soleil) est un chant silencieux qui rend hommage à la réalité de Dieu. En vérité, une claire nuit étoilée est tout ce dont n'importe quel être pensant devrait avoir besoin pour reconnaître qu'il y a un Dieu. Néhémie, conseiller nommé par Dieu d'un ancien roi babylonien, dit: «C'est toi, Eternel, toi seul, qui as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée, la terre et tout ce qui est sur elle…» (Néhémie 9:6).
La création autour de nous s'écrie sans cesse: «Ton Dieu règne» (Esaïe 52:7). Le philosophe grec, Aristote, était certainement du même avis. Il écrivit:
«Si quelqu'un, ayant passé sa vie sous la terre, voit tout à coup la lumière du jour et les merveilles du ciel et de la terre, il dirait que ce doit être les oeuvres d'un être que nous appelons Dieu.»
Aristote n'était pas seul parmi les scientifiques des siècles passés à reconnaître la réalité de Dieu. Considérons Galilée : il fut emprisonné à cause de ses pensées avancées. De sa cellule, Galilée écrivit:
«Si je n'avais aucune autre raison de croire en la sagesse et en la bonté de Dieu, la paille même sur le sol de ce cachot me le démontrerait.»
De même, la science moderne apporte son appui : Wernher Von Braun, l'inventeur renommé des premières fusées spatiales, a dit: «Plus je pénètre dans l'espace, plus grande est ma foi en Dieu.»
Encore un autre scientifique, Dwayne T. Gish, un biochimiste renommé, dont les vues sur la création furent fréquemment publiées dans les plus grandes revues, écrivit:
«Quant au grand mystère de la vie, j'accepte simplement et définitivement le témoignage de la Genèse qui dit: Dieu souffla dans les narines de l'homme un souffle de vie.» (Genèse 2:7).
A part les témoignages de scientifiques qui, eux-mêmes, reconnaissent l'existence de Dieu, nous voyons de plus amples évidences dans les témoignages d'autres branches de la science.
Bien que beaucoup d'autres branches nous fournissent des témoignages qui soutiennent la réalité de Dieu, afin de ne pas trop allonger ce document, nous ne parlerons que d'une, l'ethnologie, la science des caractéristiques raciales. Considérons les deux lois fondamentales de l'ethnologie, et la façon dont elles se rapportent au récit biblique du déluge.
La première loi dit: «Quand des peuples très isolés les uns des autres ont en commun un ensemble de traditions et de croyances, cette possession commune établit une parenté ou une ascendance commune.»
La deuxième loi déclare: «Quand des peuples très éloignés les uns des autres ont tous une tradition ou une croyance fondée sur un événement passé commun, il y a un fait historique à la base de cette croyance.»
Pour clarifier cela, prenons un exemple hypothétique. Supposons que des chercheurs découvrent qu'un groupe de gens habitant la Chine il y a quelque vingt-cinq siècles avait une tradition unique. De plus, supposons que ces mêmes chercheurs découvrent plus tard qu'un autre groupe de gens, tout à fait séparé, habitant au même moment dans une autre partie du monde totalement différente, telle que le Pérou, avait dans ses annales la même tradition; nous pouvons alors conclure que ces deux peuples avaient une ascendance commune. Cela donnerait la seule explication du fait que des peuples très éloignés les uns des autres puissent avoir le même ensemble de traditions et de croyances. Autrement dit, ils ont la même origine.
De plus, selon la science de l'ethnologie, si les annales de ce groupe hypothétique, habitant la Chine il y a vingt-cinq siècles, contenaient une déclaration qu'un certain événement (tel qu'un grand déluge) avait eu lieu, et si un autre groupe de gens très éloigné, comme ceux habitant au même moment le Pérou, proclamait également croire au même événement passé, il doit y avoir eu un événement historique qui leur a fait consigner ce fait. Autrement dit, cela ne pouvait pas être une simple coïncidence. De surcroît, plus le nombre de peuples, isolés les uns des autres et qui relatent un même événement déterminé du passé, augmente, plus grande est la probabilité que cet événement a eu lieu comme on le raconte.
Selon la science de l'ethnologie, si le récit biblique d'un grand déluge est vrai, nous devrions trouver trace d'un tel déluge dans les annales anciennes de beaucoup de ces trente-trois races diverses dont nous détenons les annales.
Etudier de telles annales est très révélateur.
1. Premièrement, nous remarquons que, des trente-trois races étudiées, toutes, bien que très éloignées et isolées les unes des autres, parlent clairement d'une sorte de déluge, soit total, soit partiel. Ce déluge se passa à peu près au temps du déluge biblique. Ainsi, cent pour cent de ces trente-trois races ont dans leurs annales un récit du déluge. Ceci ne peut pas être une simple coïncidence.
2. Deuxièmement, trente et une de ces races mentionnent dans leurs annales que le déluge provoqua une destruction totale, exactement comme le décrit la Bible. Ainsi, quatre-vingt-quatorze pour cent de ces races ont, dans leurs traditions et leurs croyances, le récit d'un déluge complet.
3. Troisièmement, trente-deux de ces races, soit quatre-vingt-dix-sept pour cent, déclarent dans leurs traditions que l'homme fut miraculeusement sauvé du déluge. De ce groupe, vingt-huit déclarent que le salut vint d'un bateau ou d'une arche. Ainsi quatre-vingt-cinq pour cent expriment leur croyance en une arche.
4. Quatrièmement, trente de ces races, soit quatre-vingt-onze pour cent, racontent dans leurs traditions que des animaux furent également miraculeusement sauvés, protégeant ainsi leurs espèces.
5. Cinquièmement, vingt-cinq de ces races, soit soixante seize pour cent, racontent dans leurs annales anciennes que l'arche s'échoua sur une montagne, après que les eaux se furent retirées.
6. Sixièmement, vingt-neuf de ces races, soit quatre-vingt-huit pour cent, décrivent comment des oiseaux furent lâchés depuis le navire pour vérifier si les eaux du déluge baissaient.
7. Septièmement, trente des trente-trois races, soit quatre-vingt-onze pour cent, racontent comment ceux qui furent sauvés reçurent une sorte de signe de la faveur divine, en particulier par un «arc» de couleurs dans le ciel.
8. Pour terminer, trente et une de ces races, soit quatre-vingt-quatorze pour cent, parlent du culte rendu à une divinité par ceux qui furent sauvés de la destruction du déluge.
Les preuves semblent à la fois évidentes et écrasantes. Il y a un Dieu qui communiqua Son amour à l'humanité. Il choisit de faire ceci par Sa Parole écrite, la Bible, et par Sa Parole vivante, Jésus-Christ, Son Fils.
4. La Meilleure Existence Avec Dieu
Nul jour ne se lève qui soit dépourvu de la puissance du royaume éternel. Jack Hayford écrivit:
«Il n'y a pas de plus grand secret de croissance et de victoire, ou de résistance et de triomphe dans la vie de tous les jours, que de commencer chaque nouvelle journée avec Jésus.»
La croissance est un choix. La maturité est un acte de volonté. Chaque journée que nous vivons attend devant nous, soit comme un passage qui mène à la promesse, soit comme une porte qui mène à la défaite.
On découvre l'introduction de ce concept dans l'Ancien Testament. Dans le livre du Deutéronome, Dieu dit:
«Vois, je mets aujourd'hui devant vous la bénédiction et la malédiction: la bénédiction si vous obéissez aux commandements de l'Eternel, votre Dieu, que je vous prescris en ce jour; la malédiction, si vous n'obéissez pas aux commandements de l'Eternel, votre Dieu, et si vous vous détournez de la voie que je vous prescris en ce jour, pour aller après d'autres dieux que vous ne connaissez point.» (Deutéronome 11 :26 - 28).
Ici, il apparaît que toute la théologie de l'expérience spirituelle est réduite à un seul acte de volonté. Nous pouvons, soit choisir «la bénédiction», en respectant l'existence de Dieu et en acceptant le pardon par Son Fils, soit rejeter ces conditions par un acte de rébellion, un acte qui mène, finalement, à «la malédiction».
Il est nécessaire d'examiner plus attentivement ces deux choix «la malédiction»
et «la bénédiction».
4.1 La malédiction (par la rébellion)
C. S. Lewis écrivit: «Sortir de la volonté de Dieu, c'est pénétrer nulle part.»
La rébellion est le premier pas, et un pas de géant en effet, dans la direction qui éloigne de Dieu. On définit la rébellion comme «la résistance ouverte ou le mépris de toute autorité».
La Bible montre très clairement que la rébellion est mortelle. Par les lèvres de Samuel, Dieu dit à Saul: «Car la désobéissance (la rébellion) est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l'est pas moins que l'idolâtrie et les théraphim» (1Samuel 15:23).
Une pensée particulièrement effrayante au sujet de la rébellion : c'est la manière dont un tel esprit peut fermer le coeur de Dieu. Parlant d'Israël, le psalmiste dit:
«Que de fois ils se révoltèrent contre lui dans le désert! Que de fois ils l'irritèrent dans la solitude! Ils ne cessèrent de tenter Dieu et de provoquer le Saint d'Israël.» (Psaume 78:40-41).
Dieu ne pouvait travailler au travers d'Israël comme Il l'aurait voulu parce qu'on violait ses principes.
Malheureusement, ce même esprit tourmente encore aujourd'hui l'Eglise de Jésus- Christ. Parfois il semble caché, mais il subsiste encore. C'est un refus silencieux du meilleur de Dieu.
La rébellion ne se manifeste pas toujours par des paroles cinglantes ou des éclats de colère. Au contraire, dans la plupart des cas, la rébellion spirituelle est tout simplement un refus apathique de reconnaître Dieu et, au-delà, un refus de le laisser régner sans obstacle dans notre coeur par Jésus-Christ.
Toute rébellion mène dans la même direction, celle qui éloigne de Dieu :
"Parce qu’ils ont haï la science, et qu’ils n’ont point choisi la crainte de l’Éternel. Ils n’ont point pris plaisir à mon conseil; ils ont dédaigné toutes mes réprimandes. Qu’ils mangent donc le fruit de leur voie, et qu’ils se rassasient de leurs conseils". (Proverbes 1:29-31).
4.2 La Bénédiction (par un profond respect de Dieu)
Le remède contre la malédiction de la rébellion est indiscutablement l'esprit de respect ou, mieux encore, l'adoration. La Bible est pleine de promesses pour ceux qui respectent ou «craignent» le Seigneur. Réjouissons-nous en lisant Lévitique 26:3-6:
« Si vous marchez dans mes statuts, si vous gardez mes commandements, et si vous les pratiquez, Je vous donnerai les pluies dans leur saison; la terre donnera ses produits, et les arbres des champs donneront leurs fruits. Le foulage des grains atteindra chez vous la vendange; et la vendange atteindra les semailles; vous mangerez votre pain à satiété, et vous habiterez en sécurité dans votre pays. Je mettrai la paix dans le pays; vous dormirez sans que personne vous épouvante; je ferai disparaître du pays les mauvaises bêtes, et l’épée ne passera point par votre pays. »
Le respect a diverses significations. Chacune d'entre elles est importante pour bien comprendre le principe fondamental de cette étude. Le respect signifie:
1. Considérer digne d'estime,
2. S'abstenir de s'imposer,
3. S'intéresser à,
4. Remarquer avec attention,
5. Avoir égard à,
6. Favoriser.
La combinaison de ces définitions donne exactement l'équivalent de l'expression biblique «la crainte du Seigneur». La terreur n'a pas sa place dans cette définition. Nous ne parlons pas de peur quand nous parlons de la crainte du Seigneur, mais d'un esprit d'amour. Le psalmiste dit: «Il y a d'abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite» (Psaume 16:11).
Ce n'est guère là une image de terreur ou de peur.
L'expression ne signifie pas non plus que l'on doive cultiver un sentiment d'anxiété pour approcher notre Père céleste. C'est vrai que la colère de Dieu est une réalité, mais Son essence même est l'amour. La colère est le résultat de la rébellion, et quand on y entre par incrédulité, elle devient une certitude qui ne peut pas être évitée, mais voici la passionnante réalité : la crainte du Seigneur est littéralement le contraire exact de ce qu'on pourrait appeler la peur du Seigneur.
La crainte du Seigneur est un profond respect qui naît d'une vénération envers la présence de Dieu. Et, quand nous cultivons cette vénération, la vie commence à abonder en bénédictions.
Trois bénédictions bibliques viennent immédiatement à l'esprit, toutes clairement liées à la crainte du Seigneur.
La première bénédiction est la plénitude. Si nous révérons Dieu, la vie prend un sens et avance à pas de géant vers la plénitude en Jésus-Christ. Nos journées sont, alors, littéralement pleines d'accomplissements de plus en plus grands. Proverbes 10:27 dit: « La crainte de l’Éternel multiplie les jours ».
On dit que Martin Luther raconta, autrefois, qu'un jour il avait tant de travail à faire que la seule façon d'en venir à bout dans la journée fut de passer les trois premières heures en prières. Il avait appris que tourner son attention vers Dieu ajoutait en fait aux possibilités de la journée.
Le deuxième résultat important de la "crainte" du Seigneur, c'est la santé. L'énergie, à la fois physique et spirituelle, jaillit d'une vie qui honore Dieu. Nous lisons encore une fois dans le livre des Proverbes: «Celui qui craint l'Eternel possède un appui ferme… La crainte de l'Eternel est une source de vie, pour détourner des pièges de la mort.» (Proverbes 14:26-27).
Nous découvrons ici qu'une source d'énergie divine est libérée en nous, alors que nous développons le respect spirituel.
Finalement, la crainte du Seigneur donne naissance à une vie abondante. La Bible dit: «Le fruit de l'humilité, de la crainte de l'Eternel, c'est la richesse, la gloire et la vie» (Proverbes 22:4).
Cette dernière promesse semble résumer tout ce qui résulte de la crainte du Seigneur. La santé, la bénédiction personnelle et même le respect d'autrui abondent lorsque l'on exerce le plus profond respect de Dieu. Respecter Dieu est donc à la fois le point de départ et le chemin à suivre dans la vie vers les meilleures bénédictions de Dieu.
La sagesse, dit-on, est de savoir où l'on va et comment y arriver. C'est l'usage correct de la connaissance. Comment, alors, devons-nous «craindre le Seigneur»? Comment devons-nous développer une attitude de respect? Notre réponse est triple:
Premièrement, je dois respecter Dieu. Nous pourrions définir ceci comme le respect spirituel. On peut commencer à développer cette qualité en priant fidèlement chaque jour. Le respect, après tout, est l'acte de remarquer quelqu'un avec attention. Il n'y a pas de façon plus belle de tourner notre attention vers Dieu que par une habitude de dévotion quotidienne soigneusement établie dès le matin.
Deuxièmement, je dois respecter autrui. Nous pourrions définir ceci comme le respect social. Cette qualité se développe en aidant, chaque jour, autrui d'une manière tangible. La sympathie est au coeur du respect social. Le vrai respect doit être démontré par nos actions.
Finalement, je dois me respecter moi-même. Nous pourrions définir ceci comme le respect personnel. Un tel respect se développe en grandissant, à la fois spirituellement et mentalement, chaque jour. La maturité centrée sur Christ est notre but :
«Jésus répondit: Voici le premier commandement: Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur; et: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.
Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là.» (Marc 12:29-31).
Source : http://www.bibledoc.net
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| Les Six Jours de la Création (le 09/12/2007 à 02h47) |
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Les six jours de la création par Laurence Tisdall, M.Sc.
La trinité évolutionniste1 se compose du temps, des mutations et de la sélection naturelle. Le temps figure parmi les sujets les plus contestés du débat évolution-création. Pour justifier l'évolution, on a besoin de beaucoup de temps, de millions, voire de milliards d'années. L'évolutionniste suppose qu'avec assez de temps, l'impossible deviendra possible, que l'hydrogène, à partir du Big Bang, deviendra homme en 15 milliards d'années par le concours du hasard. Pour le créationniste, la question est autant théologique que scientifique. La Bible permet-elle un compromis avec le scénario évolutionniste ? Est-ce que les six jours de la création de la Genèse (chapitre 1) représentent six rotations de la terre ou six périodes indéfinies ?
Pour répondre à la question scientifique, je vous encourage à consulter régulièrement le sommaire de la rubrique Sciences. Vous y trouverez plusieurs articles qui traitent de ce sujet.
Nous observons, depuis les années 1830, un changement dans l'interprétation biblique du mot hébreu yom (jour). Ce changement est intervenu depuis que Charles Lyell a publié son livre Les principes de la géologie dans les années 1830-1833. C'est à partir de cette époque que les théologiens ont changé leur manière de comprendre les premiers chapitres de la Genèse et qu'ils ont élevé la science et le naturalisme à un niveau quasi-divin. C'est maintenant la science qui interprète la parole de Dieu et non le contraire. Je vais énumérer ici les huit principales raisons qui permettent de croire que le premier chapitre de la Genèse doit être compris à la lettre, tel qu'il est écrit, et que les six jours de la création représentent bien six rotations de la terre.
- L'usage primaire du mot yom. Le mot hébreu yom est utilisé plus de 2 000 fois dans l'ancien testament. Dans plus de 1 900 cas (soit 95 % des cas), le terme est clairement utilisé dans le sens d'une période définie d'une journée. Il serait donc extraordinaire, considérant son contexte, de donner au mot yom de Genèse 1, une autre signification qu'une rotation de la terre.
- Le qualificatif de yom requiert une journée de 24 heures. Dans plus de 200 cas, quand le terme yom est utilisé avec un numéro qui le précède, il fait référence, sans exception, à une période de 24 heures.
- Les termes " soir et matin " requièrent une journée de 24 heures. Le mot soir, utilisé 52 fois et le mot matin, utilisé 220 fois, réfèrent toujours à des journées normales, même quand ils sont utilisés à d'autres endroits dans l'ancien testament2.
- Genèse 1.14 distingue clairement les jours des années.
" Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années ". Ainsi, le jour yom et les jours yamim ne peuvent être autre chose que des journées normales.
- Exode 20.11 (4e commandement) fait référence à une journée littérale.
" Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu ". Il n'y a qu'une manière d'interpréter ce commandement écrit par la main de Dieu.
- La symbiose ne serait pas possible sans la création en six jours. La symbiose est un terme biologique qui explique les relations bénéfiques et essentielles entre deux types d'organismes. En effet, il existe beaucoup de plantes qui ne peuvent se reproduire sans le concours d'insectes particuliers3, d'oiseaux ou d'autres animaux. Par exemple, l'arbre nommé Calvaria sur les îles Mauritius dépendait des oiseaux nommés Dodo pour sa reproduction. Ces derniers furent tous exterminés en 1681. Quelques spécimens de cet arbre existent encore aujourd'hui, mais ils ne peuvent plus se reproduire. Les plus jeunes spécimens sont âgés de plus de 300 ans, car aucune reproduction n'est possible sans les oiseaux en question. (Voir aussi l'exemple des papillons du Yucca3). Pour qu'une telle symbiose puisse être possible entre une plante et un animal, nous sommes obligés d'admettre la chronologie de six jours décrite dans Genèse 1 : les plantes créées au 3e jour ont eu besoin des animaux qui ont été créés au 5e et 6e jours, et ce dans un court délai.
- Les rabbins juifs s'accordent sur une interprétation littérale des six jours. Le rabbin Y. Chesner nous informe que le " Judaïsme a toujours reconnu que les jours dans Genèse sont d'une période de 24 heures… Le Talmud aussi est compris comme interprétant les jours comme des périodes de 24 heures "4.
- Le problème théologique du péché originel et de la mort. Paul déclare dans Romains 5.12-14 " C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché... Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse ". La conséquence du péché fut la mort, et cette dernière n'a pu exister avant qu'Adam et Ève désobéissent au Créateur. L'idée selon laquelle la mort et la souffrance représentées par les fossiles se seraient produites sur 500 millions d'années d'évolution avant Adam ne peut être soutenue du point de vue théologique.
En conclusion, les six jours de la création sont bien des périodes de 24 heures (rotation de la terre). On ne peut les interpréter autrement et de multiples raisons permettent de le confirmer. Ne nous laissons pas influencer par des fables et fausses doctrines qui encouragent un compromis entre la trinité évolutionniste et la parole de Dieu.
Références bibliographiques
1. Tshibwabwa, Sinaseli, 2000. " Ces parasites qui résistent à la trinité évolutionniste ". Création-Québec, Vol. 6 (3); Montréal, QC.
2. Niessin, Richard, 1980. " Theistic Evolution and the Day-Age Theory ". Impact 81. Institute for Creation Research.
3. Stewart, Mark, 1999. " Le papillon Nocturne de Yucca et la Plante de Yucca ". Création-Québec, Vol. 6 (1); Montréal, QC.
4. Pipa, Joseph et David W. Hall, 1999. " Did God Create in Six Days ". Southern Presbyterian Press; Greenville SC.; p. 297
Laurence Tisdall détient une maîtrise de l'Université McGill en biotechnologie. Il est le président-fondateur de l'Association de Science Créationniste du Québec. Il travaille actuellement sur un livre intitulé " En six jours... ".
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